accueilforumBiographieFilmographieInterviewsGalerieAgendaImage HTML map generator

samedi 13 avril 2019

Interview de Robert Pattinson et Claire Denis avec Huffpost


Traduction française :

Au cours des sept années qui se sont écoulées depuis la fin de la saga Twilight, Robert Pattinson a réussi à se défaire de ses racines de tombeur. De "The Lost City of Z" à "Good Time", les récents rôles de l'acteur sont calmes, énervés, singuliers, son jeu ardent défie le charme sans effort attendu de la plupart des stars de cinéma. De nos jours, Pattinson ne fait rien pour préserver la manie qu'il nourrissait autrefois en étant le vampire adolescent le plus adulé du continent américain.

Exemple : "High Life," le nouveau film de science-fiction hypnotique avec Juliette Binoche qui porte le sperme de Pattinson dans le creux de ses mains. Bella Swan ne le ferait jamais.

"High Life", qui a fait ses débuts lors d'une sortie limitée la semaine dernière et qui s'étend dans plus de cinémas le 12 avril, est la dernière rêverie de Claire Denis, la réalisatrice française de 72 ans connue pour ses portraits psychologiques intimes comme "Beau Travail," "White Material" et "Let The Sunshine In." Pattinson joue Monte, un prisonnier à bord d'un vaisseau naviguant vers un trou noir.

Monte fait partie d'une poignée de condamnés à mort qui se sont portés volontaires pour exécuter leurs peines dans l'espace - une mission suicide cosmique qui pourrait générer de vagues avantages pour le développement durable de la Terre. La science n'est pas essentielle. C'est le mélodrame sur le vaisseau qui garde High Life a flot - en particulier la Fuckbox, une pièce sombre dans laquelle les passagers chevauchent une chaise avec un gode en métal pour chercher le plaisir. C'est l'un des nombreux détails qui font lever les sourcils et qui alimentent le brio du film et confirment le penchant de Pattinson pour le bizarre.

Denis est fan de Pattinson depuis qu'elle a emmené sa nièce voir Twilight en 2008. ("J'adore les histoires de vampire", dit-elle, en ayant fait un elle même qui s'appelle "Trouble Every Day".) Maintenant le duo plaisante facilement, même s'ils insistent pour dire qu'ils n'ont pas beaucoup communiqué durant le tournage. Alors que Denis mangeait des bagels et que Pattinson était assis avec une cigarette électronique à côté de lui, nous avons passé en revue plusieurs grands moments de "High Life" dans les bureaux du distributeur A24 à New York la semaine dernière.


Nouveaux portraits de Robert Pattinson et Claire Denis durant la promo de High Life à New York - Le 4 Avril 2019


vendredi 12 avril 2019

Photos de Robert Pattinson et Claire Denis lors du Q&A avec Film Comment à New York - Le 4 Avril 2019




Nouvelle photo de Robert Pattinson dans High Life

Source Via

Interview de Robert Pattinson avec The Credits


Traduction française : (Certaines parties sont  identiques à l'interview avec The Boston Globe)

La carrière qui a amené l'acteur Robert Pattinson d'idole d'adolescentes avec le vampire Edward Cullen dans les 5 films Twilight à un des acteurs les plus aventureux du cinéma indépendant n'a que peu de comparaison - à l'exception peut-être de sa partenaire dans Twilight Kristen Stewart.

Comme Stewart, Pattinson s'est réinventé depuis la franchise à succès Twilight en tant qu'acteur incontournable dans des projets indépendants, allant de David Cronenberg, Cosmopolis (2012), au frères Safdie, Good Time (2017). Même les plus ardents cinéphiles n'imaginaient pas que Pattinson, né à Londres, serait un acteur principal pour Claire Denis, la réalisatrice française de films prestigieux tel que Beau Travail (1999).

Pattinson joue aux côtés de Juliette Binoche dans le nouveau film de Denis, High Life, une fable futuriste sur un groupe de prisonniers condamnés à mort envoyés dans l'espace dans le but d'extraire de l'énergie d'un trou noir, un voyage pour lequel ils ne reviendront jamais sur Terre.

Pattinson était un fan des films de Denis, comme White Material (2009), avec Isabelle Huppert dans le rôle d'une française qui essaye de s'accrocher à la plantation de café familiale en Afrique.

"J'ai aimé chacun de ses films, donc c'est agréable de se lancer avec quelqu'un en qui vous avez une totale confiance," dit-il lors d'une interview téléphonique réalisée après la fin du tournage de The Devil All The time du réalisateur Antonio Campos. "Je joue ce genre de pasteur évangélique corrompu dans les années 60," dit-il.

"Faire quelque chose avec Claire Denis était une évidence. C'est beaucoup plus risqué avec des petits films commerciaux, cela peut éventuellement ne rien donner. Avec Claire, même si [le film] est une expérience et que les gens ne le comprennent pas vraiment, ça va quand même être vraiment cool."

Denis, malgré son statut d'auteur, a vu et aimé les films Twilight. Mais elle pensait que Pattinson, 32 ans, était trop jeune et beau pour le rôle de Monte. Elle avait imaginé le personnage pour un homme plus âgé, plus abattu et elle avait en tête Philip Seymour Hoffman quand elle a écrit le scénario avant la mort de l'acteur en 2014.

Une fois qu'il a été choisi, Pattinson explique qu'il n'était pas sûr de savoir comment jouer Monte, puisque l'acteur a signé quand High Life n'était qu'un texte de 23 pages avec beaucoup moins de dialogue et plus "d'équations détaillées sur la façon de tirer de l'énergie d'un trou noir, "dit-il. "Je n'avais aucune idée de la façon de l'aborder. Juliette savait comment elle allait jouer [son rôle] et elle savait exactement de quoi parlait l'histoire. Je ne sais toujours pas de quoi cela parle après avoir vu le film. Je ne peux pas vraiment vous dire de quoi il s'agit ou de pourquoi cela vous touche d'une certaine façon, mais on ressentait cela également sur le tournage. J'avais l'impression d'être dirigé d'une manière subtile, avec des émotions spécifiques et je trouvais cela facile à comprendre. Je n'avais pas besoin d'explications spécifiques. 

L'approche immersive de Denis a permis à l'acteur d'"y aller franchement," dit-il. "Elle a une personnalité omniprésente et dans ce plateau fermé. C'était comme si vous vous laissiez aller, c'était comme être constamment dans l'esprit de Claire. J'ai dû jouer chaque scène de milliers de manières. Plus je me laissais aller, plus c'était facile, plutôt que d'essayer de me débattre avec une idée précise. Je me suis rendu compte de cela au cours des deux dernières années. Vous feriez bien mieux de ne pas savoir exactement qui est le personnage. Le style de Claire est tellement lié aux mouvements du corps, à la sensualité, aux textures."

La réalisatrice et la star s'entendent tellement bien qu'ils se retrouveront pour l'adaptation de Denis du roman de Denis Johnson, The Stars at Noon. Avant qu'il refasse équipe avec Denis, il doit "faire un film avec Christopher Nolan". L'acteur jouera aux côtés d'Elizabeth Debicki de 'Widows' et John David Washington de 'BlacKKlansman'. Il a également deux nouveaux projets de haut niveau en cours. Le premier est 'The Lighthouse', le nouveau film d'horreur du réalisateur Robert Eggers (The Witch). Le second est 'The King', un drame historique de Netflix aux côtés de Timothée Chalamet.

Pattinson dit qu'il a hâte de retravailler avec Denis. "Je crois que nous tournons [The Stars at Noon] quelque part en Amérique du Sud. Ce sera très différent de High Life qui a été tourné en studio. C'est littéralement le monde opposé de High Life," dit-il. Ce qui l'a le plus surpris chez la réalisatrice estimée c'était à quel point Denis était "joueuse et drôle" sur le tournage.

"Elle a un sens de l'humour très pervers et une façon inhabituelle de voir les choses. La première fois que j'ai regardé High Life, il n'y avait que Claire et moi et nous rigolions. Je l'ai trouvé audacieux. Maintenant que c'est sorti, tout le monde l'interprète comme très cérébral. A Toronto [où le film a fait sa première], il y avait ce public silencieux. Je me suis dit, "Est-ce que je l'interprète bizarrement ?' Je le trouvais hilarant. C'est le truc à propos de Claire, elle est un peu provocatrice. 

Interview de Robert Pattinson et Claire Denis avec SYFY Wire


Traduction :

La réalisatrice française Claire Denis n'avait jamais produit un film de science-fiction, ou un projet en anglais, donc sa première incursion dans le genre est aussi prudent que les fans de son travail pouvaient s'y attendre.

Pendant près de deux heures, High Life offre toutes les caractéristiques classiques de la science-fiction et des projets de genre : une narration non linéaire; un premier acte presque muet focalisé sur les interactions intimes entre un criminel adouci (joué par Robert Pattinson) et un petit bébé; une salle de masturbation, connue sous le nom de "f**ckbox", équipée d'un gode en argent géant qu'une Mengele de l'espace sexy (Juliette Binoche) chevauche jusqu'à l'orgasme volcanique; un mini jardin d'Eden; et l'inéluctabilité de la mort, alors que les criminels condamnés se dirigent vers un trou noir sous de faux prétextes. 

En quelque sorte, le film de Denis n'est pas aussi lugubre qu'il est (très) sombrement comique, surtout si vous n'êtes pas prêt. C'est également intensément humain, alors que les critiques sont toutes élogieuses depuis ses débuts à Cannes l'année dernière. Historiquement, Denis n'aime pas expliquer ses films, mais son interaction joviale avec Pattinson durant une conversation avec SYFY Wire dans les bureaux New-Yorkais du distributeur du film, A24, montre clairement que le film a été fait avec légèreté sur le tournage, si ce n'est pas dans la caméra. 

En résumé, High Life raconte la saga condamnée d'un vaisseau spatial rempli de criminels qui ont été piégés pour mener un vol expérimental censé récupérer l'énergie d'un trou noir. En vérité, ils s'agissait d'expériences de reproduction, puisque le Dr Dibs (Binoche), une autre criminel et un docteur fou sur la fertilité, utilise leurs fluides et leurs ventres pour tenter de faire des enfants dans l'espace. La plupart du temps, elle obtient la coopération en corrompant les prisonniers avec de la drogue, échangeant des pilules (on devine que se sont des opioïdes de l'ère spatiale) contre des coupelles de spermes et d'ovules. 

Le personnage de Pattinson, Monte, est d'un genre plus profond - il a tué quelqu'un, bien sûr, mais il était jeune et c'était pour un chien, une chose que les gens ont laissé passé pour John Wick - et qui a fait vœu de chasteté. Frustrée par son échec persistant et incapable de garder son désir pour son moine sous contrôle dans le vide accablant de leur prison solitaire, Dibs monte Monte durant son sommeil, extrayant son sperme dans ce que Denis qualifie très franchement comme une scène de viol. 

S'il y a une façon de comprendre High Life, c'est que Denis et Pattinson ont partagé plus de rire durant la production de cette scène qu'avec le reste - et ce n'est pas difficile de rire avec eux. 

Rob, vous avez activement poursuivi Claire, en vous présentant à sa porte et en lui demandant de travailler avec elle. Pourquoi vouliez-vous tant travailler avec elle ?

Denis : Tu n'as pas à répondre à cela. [rires]

Pattinson : Tous ses films donnent l'impression qu'ils ne sont pas juste fait... on n'a pas l'impression que c'est un réalisateur qui dit, "Oh, je suis un réalisateur de film professionnel, je le fais parce que je dois faire un film." Ils donnent tous l'impression d'être une petite part d'elle. Je trouve toujours intéressant de découvrir ce qui vous fait ressentir cela chez un réalisateur. Mais aussi, j'ai toujours pensé que les performances qu'elle obtient, c'est systématique, il n'y a pas vraiment de mauvaises performances dans ses films. Donc je voulais simplement travailler avec elle pour avoir une police d'assurance.

Alors Claire, pourquoi avez-vous dit oui ?

Pattinson : Je l'ai payé. 

Denis : Ça n'a pas été long. En le rencontrant, en parlant avec lui, j'ai compris que le choix était fait, vous savez.  Il n'y avait rien à penser. 

Ce projet a été en développement durant un moment, mais y avait-il une certaine hésitation ou un nouveau langage visuel que vous deviez apprendre pour faire un film de science-fiction ?

Denis : Pour moi, non, vraiment. C'était comme n'importe quel film que j'ai fait, sauf que le lieu était un vaisseau spatial, vous savez ? Mais je ne me suis jamais dit, wow, c'est un nouvel angle dans ma vie et bla bla bla. La seule raison qui m'a fait un peu peur, c'était parce que c'est en anglais, mais c'est tout. 

Au moins, il n'y a pas une tonne de dialogue, cela a dû aider. 

Denis : Non, je n'utilise jamais trop de dialogue, mais ce n'est pas une question de dialogue ou d'absence de dialogue, vous savez ? Même s'il n'y a pas de dialogue, faire un film en Anglais implique de penser en anglais. De plus, l'équipe était allemande. Les gens n'arrêtent pas de me dire, "Oh, il n'y a pas beaucoup de dialogue dans vos films." Mais quelle est la différence si le film en dit long ? Parfois, le dialogue n'est que du bruit - bla bla bla bla. Et cela ne dit rien, vous savez ?

Le dialogue semble être maintenant, comme la quantité dans une recette. Si vous voulez faire un gâteau, vous devez mettre 200 grammes de ceci et de cela, du sucre, etc. C'est comme une voix off. Avons-nous besoin d'une voix off ou non ? C'est une grande question dans un film, bien plus importante que le dialogue. Pour moi c'était très important. 

jeudi 11 avril 2019

Robert Pattinson invite dans un message vidéo les fans russes à aller voir High Life

A l'occasion de la sortie de High Life aujourd'hui en Russie, Robert a enregistré, lors de son passage à New York la semaine dernière, un message pour les Russes :



Source Via

mercredi 10 avril 2019

Vidéo complète du Q&A de Claire Denis et Robert Pattinson au BAM à Brooklyn - Le 3 Avril 2019




Via

Claire Denis revient sur sa relation avec Robert Pattinson avec Filmmaker Magazine


Traduction des extraits concernant Robert :

[...]
Filmaker : Hoffman aurait été incroyable, mais cela aurait été un film très différent. Après avoir vu High Life deux fois, c'est difficile d'imaginer quelqu'un d'autre que Robert Pattinson pour jouer Monte. 

Denis : Quand le directeur de casting m'a dit pour la première fois que Robert Pattinson était très intéressant pour me rencontrer, j'ai pensé : "ah ah ah, allez !" J'ai cru que c'était une blague ! Il a pris le train de Londres pour Paris [pour me rencontrer]. Plus tard, je suis allée à Los Angeles et j'ai passé plus de temps avec Robert. Je lui ai dit, "Il y a très peu de chances [pour que je te choisisse]. Tu es trop jeune. Ce n'est pas possible." Mais nous avons continué à parler très ouvertement et quand j'ai quitté L.A je me suis rendue compte que c'était le genre d'acteur que j'aime. Il a ce genre de mystère en lui qu'il ne partagera pas. Il y a quelque chose à l'intérieur, vous savez ? J'ai dit, "C'est bon, c'est lui." Robert a été surpris par ma décision. 

Nous avons commencé à nous voir plus souvent. Il vivait à Londres à l'époque, donc c'était facile de se rencontrer. Nous allions au cinéma ensemble, appréciant d'être ensemble. Mais l'argent [pour faire le film] n'était toujours pas là. Il nous a attendu. Il a dit, "Tu penses que je suis trop jeune, mais peut-être que je serais trop vieux au moment où tu le feras." Quand nous avons eu l'argent, je venais juste de finir Let The Sunshine In. C'était vraiment [le producteur] Andrew Lauren qui a rendu cela possible. A ce moment-là, Patricia Arquette attendait depuis deux ans [pour faire le film] et elle faisait une émission télé et ne pouvait pas être prête pour nos dates. A Cannes, Juliette [Binoche] a dit, "Tu sais, Claire, je pense que je peux facilement faire le rôle." Non, elle n'a pas dit "facilement" - volontiers." J'ai dit, "Ok, mais nous devons changer le rôle." Il ne me restait que deux mois entre les deux films. C'était dingue. J'avais peur d'avoir si peu de temps de pré-production. Mais j'ai dit au producteur, "Je vais le faire pour Robert. Il attend depuis 4 ans."

Filmmaker : J'ai toujours pensé que vos films portaient davantage sur la présence d'un acteur que sur sa performance. Il s'agit de capturer leur être physique. A cet égard, Pattinson semble parfait pour le film. Il a y ces longs passages où l'on observe simplement son visage et il est capable de transmettre ce mélange de tendresse et de douleur qui vous maintient sur le fil. Monte semble être capable de tout. 

Denis : Oui. C'était déjà comme cela dans Twilight. J'étais fasciné par lui et par [Kristen Stewart], aussi. Il est capable de faire beaucoup de choses, vous savez ? Je pense que Cosmopolis a vraiment été un moment pour moi. J'hésitais parce qu'il était trop jeune et si beau. Mais il ne travaille pas comme une star. Il est comme Juliette, il a quelque chose de mystérieux. Parfois, lorsque nous tournions, je ne comprenais pas ce qui se passait exactement, mais il était prêt à le faire sans en être sûr. Durant le tournage, j'ai complètement oublié que c'était une star, vous savez ? Quand il était à Londres, il était heureux. Maintenant qu'il est constamment à Los Angeles, j'ai peur. Il est tellement bien protégé par ses agents. Bien sûr, ils le chérissent, et bien sûr ils sont gentils avec lui, mais c'est comme une sorte de famille et je ne pense pas que ce soit une si bonne idée. Juliette a deux agents, mais c'est la patronne. Elle dit ce qu'elle veut. Personne n'est autour d'elle. Elle voyage seule. Quand nous tournions en Allemagne, je voulais que Robert soit seul. Il était seul. La maquilleuse venait de Pologne et j'ai dit, "C'est tout."


Source Via

Claire Denis et Robert Pattinson participeront à deux autres Q&A au ArcLight Hollywood à Los Angeles le 12 et 13 Avril 2019 !

En plus des Q&A prévus à The Landmark & Regent Theatre à Los Angeles, Claire et Robert participeront les mêmes jours à une session de questions/réponses au ArcLight Hollywood à l'issue de la projection de 20h (heure locale, soit 5h du matin heure française) de High Life !


Source Via

Vidéos de Robert Pattinson et Claire Denis durant le Q&A à l'Angelika Film Center à New York - Le 4 Avril 2019





Photos de Robert Pattinson et Claire Denis durant le Q&A à l'Angelika Film Center à New York - Le 4 Avril 2019

Interview de Robert Pattinson et Claire Denis avec The Atlantic

Encore une intéressante interview croisée à lire !



Traduction française :

La première image du nouveau film de Claire Denis, High Life, est saisissante : un bébé, apparemment abandonné dans un vaisseau spatial. Finalement, ses pleurs sont apaisés par haut-parleur par le seul autre être vivant à bord, un condamné nerveux nommé Monte (Robert Pattinson). Ensemble, Monte et le bébé forment un couple inhabituel, et leur dynamique tout au long du film est chargée d'un sentiment de danger qui laisse place à une intimité touchante, voir étrange et émouvante. 

Tension mêlée de pathétique - il n'y a pas de meilleure façon de décrire les films de Denis, et sa relation avec Pattinson, une des plus grandes stars avec lesquelles la légendaire réalisatrice française a travaillé. 

High Life semble être un progrès remarquable pour les deux. Denis est une artiste brillante mais impitoyable dont les plus grandes œuvres (parmi lesquelles Beau Travail, 35 Shots of Rum et White Material) ont lutté contre le colonialisme, les romances tendues et la cruauté masculine. High Life est un changement important pour elle en termes de portée : C'est son premier projet qu'elle a tourné en studio, plutôt que dans des lieux réels. C'est aussi son premier film de science-fiction et son premier entièrement en anglais. Pendant ce temps, Pattinson est passé à autre chose depuis l'époque où il était l'idole des adolescentes dominant les tabloïds, surtout connu pour la saga Twilight. Il a depuis recherché des rôles dans des films d'art et d'essai et collaboré avec des réalisateurs passionnants tels que James Gray (The Lost City of Z), les frères Safdie (Good Time), et David Cronenberg (Cosmopolis et Maps to the stars). Parmi les projets à venir de Pattinson il y a des films avec Robert Eggers, Ciro Guerra et Christopher Nolan. 

La préférence évidente de l'acteur pour le talent artistique plutôt que la bancabilité commerciale garantie post-Twilight, explique son association avec Denis, mais les deux forment toujours un couple étrange. La semaine dernière, ils se sont posés dans les bureaux d'A24 (le studio indépendant qui distribue High Life) et ont discuté de la genèse créative du film, de la manière dont ils ont commencé à collaborer, et des qualités qu'ils admirent chez les stars de cinéma et les réalisateurs. J'étais la pour les interrompre occasionnellement ou les ramener sur le sujet, mais la majeure partie de la conversation s'est déroulée entre eux, illustrant ainsi leur lien créatif particulier (ce qui pourrait expliquer pourquoi ils prévoient déjà de travailler de nouveau ensemble). Cette interview a été modifiée à cause de sa longueur et sa clarté. 

David Sims : Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quelle est l'histoire de Robert et Claire ?

Robert Pattinson : Nous nous sommes rencontrés à Los Angeles, il y a 5 ou 6 ans. J'avais déjà vu quelques uns de ses films et j'essayais de la rencontrer depuis des années. Avec High Life, j'ai été stupéfait d'apprendre qu'elle allait travailler en anglais. Je connaissais [son directeur de casting] Des Hamilton et je l'ai forcé à m'obtenir une rencontre. 

Claire Denis : C'est très drôle de penser à cela. Si je fais un casting pour un film, j'ai envie de quelqu'un; je veux que quelqu'un dise oui. Mais quand quelqu'un demande "pouvons-nous nous rencontrer ?" c'est effrayant, car soudainement je ne sais pas quoi dire. Je pense qu'il sera peut-être déçu. Peut-être que je ne suis pas la personne qu'il veut que je sois. Peut-être que ce qu'il voit dans mes films, c'est faux. 

Pattinson : J'ai remarqué cela avec quelques autres réalisateurs. Il y avait un autre auteur-réalisateur en Angleterre que j'essayais de rencontrer. Et j'étais pleinement conscient qu'elle essayait de m'éviter. Je suppose qu'en tant acteur, vous êtes tellement habitué à ce que les gens vous disent non tout le temps, vous supposez [qu'elle ne veut pas vous voir], mais j'ai découvert qu'elle était juste très timide et nerveuse à l'idée de me rencontrer. Et je me suis dit, Pourquoi ? D'un point de vue d'un acteur, vous n'avez pratiquement aucun pouvoir. Chaque fois que vous rencontrez quelqu'un, vous dites juste "S'il vous plaît," le chapeau entre les mains, suppliant. 

Denis : Je pense que ce pouvoir des [réalisateurs] de choisir quelqu'un et de l'acteur ou de l'actrice suppliant - j'ai toujours pensé que cette [notion] était fausse. Je supplie également quand je pense à un film. Je ne suis pas comme dieu. J'ai si peur de trahir quelqu'un ou de demander à quelqu'un d'être dans un film et ensuite de trahir le désir de cette personne. Je n'ai aucun pouvoir.


Interview de Claire Denis et Robert Pattinson avec I-D Vice


Traduction de l'interview :

Bien que cela se déroule dans un vaisseau spatial piloté par un docteur dérangé jouant à Dieu, High Life décrit des scénarios effrayants qui semblent étrangement possible sur Terre. Dans le nouveau film de l'auteur française Claire Denis, les prisonniers sont utilisés comme cobaye pour une expérience scientifique - ils sont obligés de saisir des rapports quotidiens dans un ordinateur pour rester en vie dans un isolement extrême et dans la peur. Mais la chose la plus effrayante n'est pas le vide infini qui les entoure, ce sont les actes sadiques qu'ils font lorsqu'ils sont désespérés. 
Denis a fait carrière en explorant les comportements extrêmes des humains, de la passion charnelle qui tourne au cannibalisme dans Trouble Every Day, à un amour tendre entre son père et sa fille dans 35 Shots of Rum. Née à Paris, mais élevée dans l'Afrique française coloniale, Denis est connue pour créer des films qui explorent les ravages du colonialisme. D'une certaine manière, High Life poursuit cette tendance alors que son antagoniste central exploite les corps de ceux qui l'entourent, dans le but de créer la vie dans l'espace. 

Le film suit un groupe de condamnés à mort qui est envoyé dans l'espace pour tenter d'exploiter l'énergie d'un trou noir. Sur le vaisseau spatiale, ils sont l'objet d'expériences sur la fertilité par le Dr Dibs, jouée par Juliette Binoche. Une méchante sorcière vêtue d'une blouse blanche, elle ne s'arrêtera devant rien dans ses tentatives pour créer la vie en dehors du système solaire. Le personnage de Robert Pattinson, Monte, essaie de s'abstenir, mais finit par être victime d'un complot du médecin et devient père. Il doit ensuite essayer d'élever le bébé alors qu'il est coincé dans l'espace, que l'équipage se réduit et que le vaisseau spatial tombe en morceaux. 

High Life est le 14ème long métrage de Denis et son premier avec une distribution entièrement anglophone. Les personnages parlent avec des accents américains, car elle voulait que le public se "rappelle un pays où la peine de mort existe toujours - comme dans certains États américains."

C'est son film le plus accessible au grand public à ce jour, non seulement parce que la barrière de la langue est supprimée, mais aussi parce que sa vedette principale est une célébrité. Dans un communiqué de presse pour le film, Denis a déclaré que quand elle a rencontré Pattinson pour la première fois, elle "a trouvé sa beauté intimidante," et qu'en l'observant davantage, elle "a commencé à devenir de plus en plus incertaine." "C'est vrai!" dit-elle, perchée sur une chaise dans une salle de réunion bien éclairée au siège social du distributeur du film, A24, à New York. "Oui, c'est vrai!" dit Pattinson en souriant, à l'autre bout de la table. "Non, je suis timide!" s'exclame Denis avec son accent français. "Je me suis dit que c'était peut-être trop pour moi. Maintenant, je connais sa beauté. J'y suis habituée, vous savez ? Ça ne me fait plus mal aux yeux." Pattinson éclate de rire. 

Nouvelle Interview de Robert Pattinson avec Indiewire

Les interviews s'enchaînent :) ! 


Update : Ajout de la traduction française :


Robert Pattinson explique comment il a appris à faire confiance à son talent et à prendre de gros risques.

La star de "High Life" s'ouvre sur Claire Denis, Christopher Nolan et en quoi le fait de rester dans l'instant a été le secret de sa longue carrière.

Robert Pattinson vient juste de recevoir un message d'Emma Thomas, la productrice du mystérieux nouveau film de Christopher Nolan qu'il doit tourner plus tard cette année. Le message dit "Reste vague". Pattinson était en pleine promotion du film interstellaire de Claire Denis, "high Life", une exploration typiquement elliptique dans les pensées sombres et les trous noirs, et le sujet du projet sans nom de Nolan a déjà été abordé trop de fois. Il y avait des articles haletants sur la façon dont Pattinson pensait que le scénario était "irréel" et que l'acteur n'avait été autorisé à le lire que dans une pièce verrouillée de l'extérieur. Dans une culture du divertissement alimentée par le secret et les spoilers, Thomas était naturellement préoccupée par le faire que sa star crache le morceau.

Elle n'a pas besoin de s'inquiéter. Pattinson ne pourrait pas expliquer l'histoire même s'il essayait. "En lisant le scénario, vous vous dites, "hein ?"" a déclaré l'acteur à la fin d'une récente interview au siège d'A24 à Manhattan. "J'ai le sentiment qu'il a dû inventer quelque chose de nouveau. C'est incroyablement dense, mais aussi méticuleusement pensé que c'est très facile à lire. C'est cool." Il sourit et secoue la tête : "Je ne comprends pas vraiment comment ça marche, mais je suis très curieux de le découvrir !"

Si Pattinson n'a aucune idée dans quoi il s'engage, c'est ce qu'il veut et cela fait partie d'une approche qu'il a développé pour bon nombre de ses derniers films plus audacieux. Pattinson est le premier à admettre que son approche est insouciante pour prendre des risques, mais cela l'a aidé à devenir l'un des acteurs les plus excitants du cinéma moderne.

"Je pense que j'ai commencé à le comprendre un peu sur "Cosmopolis"," raconte l'acteur, libérant son énergie après un tour promotionnel éclair à New York. Ses yeux s'écarquillent à la mémoire du voyage mortel de David Cronenberg dans le film. Le portrait féroce de l'effondrement financier a parfaitement servi de première étape dans le plan de Pattinson pour s'emparer de son statut d'idole des adolescentes avec la saga Twilight et de transformer ce cachet en un travail plus dangereux.

"J'étais tellement nerveux à l'idée même de poser des questions basiques à Cronenberg - de révéler que je ne connaissais rien. Donc je restais assis dans ma chambre d'hôtel et je devenais obsédé par le scénario," dit-il, affichant un sourire penaud chaque fois qu'il se dénigre. "Et puis, la veille du premier jour de tournage, je l'ai appelé et j'ai dit "Bonjour David, je, euh, je veux juste poser une toute petite question...""

Inutile de dire que cela aurait pu devenir une très longue nuit. Quand Cronenberg a senti la terreur dans la voix de sa jeune star, il l'a invité à passer. Pattinson est arrivé quelques minutes plus tard, serrant anxieusement le scénario. L'acteur savait que Cronenberg avait passé toute sa vie à exposer la peur qui se cache sous la peau des gens, et il était prêt à être sa prochaine victime. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. "Je lui ai dit que je ne savais pas ce que quelque chose voulait dire," se rappelle Pattinson, "et David a juste dit, 'Eh bien, je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire non plus, pour être honnête. Mais n'est-ce pas un peu juteux ?'"