dimanche 27 octobre 2019

Nouvelle Interview de Robert Pattinson et Willem Dafoe avec Los Angeles Times


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Update : Ajout de deux nouvelles photos :
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Et également une nouvelle photo du trio lors du TIFF le mois dernier :
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Traduction :
Robert Pattinson sait qu'il doit cesser de parler de masturbation.

Exemple : Lors d'un session de questions/réponses le week-end dernier pour "The Lighthouse", la pièce dingue et claustrophobe qui le met en duo avec Willem Dafoe, Pattinson n'a même pas pu se résoudre à dire le mot quand il a été questionné sur la scène où son personnage s'engage dans une masturbation si furieuse que l'euphémisme "automutilation" s'applique réellement [Note de la traductrice : en anglais le terme "self-abuse" s'applique pour les deux termes].

Et pourtant, peu de temps après, assis en face de Dafoe dans l'élégant bureau du distributeur de films indépendants A24 au Pacific Design Center, Pattinson admet qu'il s'est penché délibérément sur le sujet lors de ses interviews pour "The Lighthouse". Un ami vient de lui envoyer une capture d'écran des titres mettant en avant son nom et la masturbation, demandant dans un message, "Donc..hum...de quelle manière exactement fais-tu la promotion de ce film ?"

"Je trouve cela très amusant," dit Pattinson en riant. "Cela amène les gens à parler du film." Il s'arrête, réfléchissant. "Je ne sais pas si cela amène les gens à voir le film." il éclate de rire à cette pensée. "L'autre jour, je disais à A24, 'Je ne suis pas sûr de réussir ce truc promotionnel."

Dafoe intervient, ronronnant : "C'était bon pour toi ?"

"The Lighthouse" qui est sorti le week-end dernier à une moyenne enviable par écran et qui s'étend sur l'ensemble du pays ce week-end, ne manque pas de sujet à traiter. C'est un conte se passant à la fin du 19ème siècle où deux gardiens de phares, des "wickies", pour utiliser le langage de l'époque - Ephraim Winslow (Pattinson) et Thomas Wake (Dafoe) - essayent de tenir à distance la folie quand une puissante tempête frappe leur île déserte de Nouvelle-Angleterre. Le réalisateur Robert Eggers a tourné le film en noir et blanc avec un format d'image carré qui accentue la fièvre qui règne dans l'histoire.

Quant à l'histoire, il y a des rêves sexuels sur des sirènes, des mouettes déchaînées qui semblent possédées, des flatulences utilisées comme des "démonstrations de pouvoir délibérées," des visions de Thomas (Dafoe) dans la peau de Poséidon (et d'une sirène!) et, en son centre, le mystère du phare lui-même, un secret que Thomas semble comprendre, gardant avidement sa connaissance loin d'Ephraïm.

"Les gens voient ce qu'ils veulent voir," dit Dafoe, se réjouissant de l'ambiguïté du film. "Certaines personnes parle d'une histoire père-fils. D'autres y voient un patron et un employé, un maître et un apprenti. Certains creusent dans des trucs homo érotiques. Certaines personnes aiment simplement les pets."

Les personnages principaux du film ont peu de choses en commun à part leurs traits angulaires, ou comme le dit Eggers, "Quatre des plus belles pommettes au monde." Ils ont tous les deux adoré le premier film d'Eggers, l'histoire d'horreur puritaine "The Witch", et ont séparément approché le cinéaste, signifiant leur intérêt pour collaborer avec lui.

Nouvelles/Anciennes photos de Robert Pattinson à diverses dates




Robert Eggers parle de son travail avec Robert Pattinson pour The Lighthouse dans les médias



Interview avec Polygon :

Attention spoiler sur la fin du film !

A un Q&A la nuit dernière, quelqu'un m'a demandé, "Qu'est ce que Rob voit à la fin du film ?" J'ai répondu, "Eh bien, si j'avais photographié cela, vous auriez connu le même sort et je ne peux pas faire cela au public." Mais aussi pour Rob, il a dit, "Je ne veux pas faire un film sur un phare magique, je veux faire un film sur quelqu'un de complètement fou." C'est qu'il a apporté à son interprétation.

Donc, comment avez-vous filmé cette scène de fin ? Je suppose que vous ne lui avez pas non plus explicitement dit ce que contenait la lampe. 

Il est intéressant de noter que Rob peut répondre à des conseils de mise en scène silencieux. Vous pouvez dire "C'est une journée heureuse et agréable. Les oiseaux gazouillent." Vous pouvez faire cela et il y répondra très bien. Donc oui, je racontais en quelque sorte ce que je voulais voir ressortir de son expérience. Une partie était visuelle, l'autre était émotionnelle. Mais ce n'était pas comme si, vous savez, "Il y a un chaton géant dedans!"

Et en général avec Rob, il veut souvent connaître le passé de son personnage. Avec mon frère nous avions nos propres idées de son passé, mais notre intention était que le public se pose des questions. Donc avec Rob, je disais souvent, "Tout cela marche. Choisis celui qui te convient le mieux, mais nous avons besoin que tu dises le texte un peu plus comme A ou B pour que le public continue de se questionner, car tu fais le choix et tu le suis, mais je ne veux pas être suffisamment clair pour que le public sache exactement quelle est ta relation avec ce bûcheron blond. Je veux qu'ils se demandent en quoi consistait cette relation."

[...]

Il y a une photo de vous, Willem et Rob à Cannes où vous êtes entrain de faire des doigts d'honneur. Quelle est l'histoire derrière cette photo ?

Je la regrette vraiment car nous avons l'air vraiment imbus de nous-mêmes. Mais en même temps, parce que le film est si bête et ouvertement vulgaire et excessif et qu'il fait d'énormes et mauvais choix et qu'il y reste fidèle, je suis choqué que le film n'est pas plus largement divisé. Lorsque vous vous donnez beaucoup de mal, vous espérez que cela fonctionne, c'est effrayant. Donc je n'aime pas que nous fassions un doigt d'honneur ici. Ce n'est pas pour cela que nous le faisons, mais il faut dire que Valeriia Karaman, qui joue la sirène, c'était son truc. Elle le faisait toujours. C'était son bonjour, son au revoir, son mouvement de danse [elle le ferait] en marchant sur la chaussée à Halifax à des policiers. [Craintif]"Non, ne le fais pas !"

Interview avec Fortune :

C'est hypnotique de vous voir pousser Willem Dafoe et Robert Pattinson dans leur retranchement de tant de manière possible. Ont-ils toujours étaient vos premiers choix pour jouer ces personnages, et quelles étaient vos scènes préférées avec eux deux ?

Je ne sais pas qui d'autre aurait pu jouer ces rôles. Heureusement, ils étaient prêts à relever le défi, donc ça c'est fait assez rapidement. 

Dans chaque scène il n'y a qu'eux deux, donc il y a trop de choix. Mais la scène où ils font leur gigue et dansent était très amusante à tourner. Nous l'avons beaucoup répété, et le solo de Willem est assez spectaculaire, donc l'énergie sur le tournage était intense. 

Nous ne nous sommes pas beaucoup amusés sur le plateau de tournage. C'était assez misérable et tendu. Mais en tournant cette scène, l'ambiance était survoltée. Et si vous le regardez avec des sous-titres, vous verrez que Rob chante vraiment une chanson de bûcheron, avec les paroles, même si dans le film, on a l'impression qu'il parle en langue étrangère. Quand vous le regardez avec des sous-titres, vous pouvez voir qu'il dit réellement les mots. Ça a scotché tout le monde. 


Nouvelle interview de Robert Pattinson et Robert Eggers avec SYFY WIRE


Traduction de l'interview :

Le réalisateur d'un des films les plus fous de cette année est plutôt confiant sur un point : "Les gens pétaient au 19ème siècle," a confié Robert Eggers, le réalisateur derrière The Lighthouse à SYFY Wire. "J'en suis sûr."

C'est un facteur important qui explique pourquoi The Lighthouse, qui raconte ce qui se passe lorsque deux hommes, interprétés par Robert Pattinson et Willem Dafoe, deviennent fous pendant qu'ils s'occupent d'un phare du 19ème siècle, est joyeux lorsqu'il s'agit des éléments plus scatologiques de la vie.

"Je voulais explorer la misère - Je voulais pouvoir rire de la misère, car c'est drôle, franchement. Et donc nous avons commencé très tôt avec les blagues de pets," explique Eggers. 

Cela n'affaibli pas la profondeur du film, qui est riche en symboles et en références à la mythologie classique - même si Eggers n'a, soyons clairs, pas dans l'idée d'expliquer en quoi consiste son film. "J'espère que cela ne semble pas manquer de respect au journaliste. C'est juste que ce n'est pas ce qui m'intéresse," a-t-il déclaré. 

Au lieu de cela, il aime la façon dont les critiques et le public ont la possibilité de trouver leur propre sens à l'histoire. "Avec mon frère [Max Eggers, qui a co-écrit le film] nous avons travaillé très dur pour avoir des réponses à toutes ces questions, puis pour essayer de raconter l'histoire de manière à ce que, pour utiliser le cliché du cinéaste, cela provoque plus de questions que de réponses," explique-t-il. 

Par exemple, le phare invoque une image très claire avec beaucoup de significations différentes, comme le reconnaît Eggers : "Oui, c'est un phallus. Oui, c'est un rayon d'espoir. Oui, c'est une forteresse, une tour de château."

Mais en même temps, The Lighthouse est délibérément un film beaucoup moins mature que le premier long métrage d'Eggers, The Witch - Selon ses mots, il est "juvénile et exagéré et grotesque par sa conception," alors que son premier film, qui parle d'une famille puritaine du 16ème siècle confrontée à des forces perverses se voulait "très sobre et subtile."

"Il y a sans aucun doute de beaux plans," ajoute-t-il, avant d'expliquer comment, avec The Lighthouse, le but était vraiment de souligner la descente vers la folie des personnages. "Si vous avez vécu la folie, vous savez que c'est hors du commun, et donc pour justifier toutes ces choses folles qui se produisent dans le film, nous voulions être proches des choses qui conduisent, en particulier, nos protagonistes fous."

C'est pourquoi, il était important de montrer les aspects les plus explicites des tâches quotidiennes du personnage de Pattinson, notamment de vider les pots de chambre remplis d'excréments, et aussi de mettre en évidence les aspects plus brutaux de la vie du personnage. "Je veux dire, vous suivez son parcours, il a la gueule de bois - nous connaissons ce sentiment, où vous ne trouvez pas d'eau à boire," dit Eggers. "Ensuite il a besoin de se soulager et il ne peut même pas faire cela. C'est un mauvais matin pour Robert Pattinson, n'est-ce pas ?"

Pour info, Eggers avait beaucoup d'exemples d'autres fictions classiques qui n'avaient pas peur d'être cru. "Les pièces de la Commedia dell'arte ont toutes sortes de scènes avec, par exemple, des seringues géantes pour faire des lavements aux personnages," dit-il. "Et il y a un chapitre dans Don Quichotte où Sancho Panza et Don Quichotte sont suspendus à une falaise et Sancho est tellement nerveux à l'idée de mourir qu'il commence à avoir des selles diurétiques qui tombent partout autour de Don Quichotte qui est accroché à une branche en dessous de lui. L'humour scatologique est vieux comme le temps."

Pattinson, pour info, a raconté à SYFY WIRE qu'il était ravi par le niveau de comédie du film, même s'il était également surpris que le public le trouve drôle. 

"Le scénario était vraiment sombre, mais c'est toujours étrange quand vous lisez quelque chose de dingue et que vous vous dites, 'je pense que c'est drôle, mais je ne sais pas'" explique-t-il. "Jusqu'à ce que je vois la première projection et que j'entende les gens rire à l'intérieur, honnêtement, je ne savais pas comment ils allaient réagir... Je suis sidéré de constater que les gens pensent que c'est aussi drôle et accessible."