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lundi 14 septembre 2026

Interview de Robert Pattinson avec GQ

 


À 14 ans, Robert Pattinson découpait les étiquettes des boxers de designer de son père, et les cousait sur ses vestes pour impressionner ses camarades de collège. Il complétait ensuite sa tenue contrefaite avec un véritable objet de luxe : la Reverso Jaeger-LeCoultre de sa mère. "Je portais la montre de ma mère en me disant : ‘ouais, je suis un petit dandy’”, raconte aujourd’hui l’acteur en riant. 

Désormais, il n’a plus besoin de faire semblant : Robert Pattinson vient d’être nommé nouvel ambassadeur mondial de Jaeger-LeCoultre, un rôle qu’il inaugure avec une grande campagne publicitaire. L’histoire d’amour entre l’acteur de 40 ans et le célèbre horloger suisse a débuté lors de la cérémonie des Oscars de cette année, où Pattinson avait dévoilé en avant-première une version de la Master Control Chronomètre Calendrier Perpétuel en or rose. 

Plus tard dans la soirée, lors des célèbres after-parties des Oscars, la nouvelle s’est répandue que Pattinson portait un modèle inédit. L’élite hollywoodienne des collectionneurs de montres s’est alors précipitée vers lui. “Tous ces autres acteurs, avec leurs montres de luxe au poignet, m’ont demandé : ‘Hé, qu’est-ce que tu portes ?’”, se souvient Pattinson. “C’était l’un de ces moments où je me suis dit : ‘C’est plutôt cool de porter ce truc.’” 

Même si Pattinson admet qu’il n’était pas vraiment un amoureux de montres avant cette soirée, cette expérience a éveillé en lui une véritable passion. “C’est agréable quand un nouvel intérêt se réveille soudainement”, dit-il. À l’occasion du lancement de sa nouvelle campagne aujourd'hui même – dans laquelle la star de The Drama porte les versions en acier inoxydable et en or rose du modèle Master Control de JLC, à la ligne épurée –, j’ai discuté avec Pattinson de sa collection de montres en plein essor, du tournage de la suite tant attendue de The Batman, et de la manière troublante dont il a perfectionné sa voix à la Chris Hansen pour Primetime. 

GQ : Où vous trouvez-vous en ce moment ? 
Robert Pattinson : Je suis à Londres jusqu’à la fin de l’année pour tourner la suite de The Batman.

Comment ça se passe ? 
Ça se passe bien. Je sens vraiment mon âge quand je dois beaucoup me battre. Je me dis souvent : “Bon sang, c’est nettement plus dur qu’avant.” Mais c’est vraiment amusant. Et je pense que le film va être génial. Le casting est vraiment, vraiment top, mais c’est un marathon. 

Des images de quelqu’un à moto ont fuité depuis le plateau. C’est vous ou une doublure ? 
Je pense que c’est une doublure. C’est à Liverpool ou en Écosse ? 

On voit quelqu’un à moto dans la neige, et apparemment, c’est un alter ego de Batman appelé “le Drifter”. 
Oh, c’est moi ! C’est moi. [Rires.] 

Cette année a été complètement folle pour vous : The Drama, L'Odyssée, Primetime, Dune : Partie 3. As-vous l’impression d’avoir enchaîné sans vous arrêter ? 
Oui, je n’ai jamais rien fait de tel auparavant. Je n’ai littéralement pas arrêté depuis la fin de la grève des acteurs et des scénaristes [en novembre 2023, ndlr]. Je tournais alors un film avec Adam McKay, qui est tombé à l’eau, et j’ai fini par passer une longue période sans travailler, pendant laquelle j’ai réévalué ce que je voulais faire. L’occasion de tourner Die My Love de [la réalisatrice] Lynne Ramsay, avec qui j’ai toujours rêvé de travailler, s’est présentée. Et depuis, ça a été une véritable avalanche de projets. J’ai simplement changé d’état d’esprit en me disant : “Je me fiche de tourner dans de grands films ou de jouer des rôles principaux. Je vais simplement faire ce qui m’intéresse.” Et puis, je ne comprends même pas comment j’ai réussi à coordonner tous ces emplois du temps, parce que j’ai littéralement quitté le tournage de Die My Love pour m’envoler vers The Drama. J’ai terminé ce film et je me suis envolé pour Primetime pratiquement le jour même. Je produisais aussi Primetime, en quelque sorte. On préparait quatre films en même temps. Mais je pense que ça a bien fonctionné. À la fin de tout ça, je vais vraiment prendre des vacances. 

Primetime est le prochain sur la liste. Qu’est-ce vous a intéressé dans ce projet ? 
Au départ, j’ai rejoint le projet en tant que producteur. J’ai vraiment aimé la première version du scénario. Puis on a pensé à Lance Oppenheim, avec qui je développais un documentaire, pour le poste de réalisateur. Je me suis dit : “Il y a quelque chose dans son style qui pourrait vraiment marcher. Ce film a un petit côté à la Oliver Stone ou à la Brian De Palma, et je pense que son style est vraiment parfait pour ça.” Et puis, quand la deuxième version du scénario est arrivée, je me suis dit : “Ooh, j’aime vraiment ça.” C’est un projet vraiment atypique, et assez audacieux. Je suis très curieux de voir comment le public va l’accueillir. C’est tellement amusant de travailler sur le premier long-métrage de fiction de Lance. Tout le monde tenait énormément à ce projet. C’est la première fois que je produis véritablement un film depuis le tout, tout début. Et nous avons vraiment travaillé en équipe tout au long du processus. Je me souviens qu’il y a deux ans, le jour de Noël, j’étais sur Zoom pendant huit heures avec Lance et Ajon [Singh], qui écrivait le scénario ce jour-là parce que nous devions commencer le tournage en janvier. C’était le genre de situation où l’on se dit : “Bon, on met tout ce qu’on a là-dedans et on essaie de faire en sorte que ça marche.” J’ai hâte de voir comment ça va se passer. 

Vous êtes connu pour votre travail sur la voix. Comment s’est passée la préparation pour incarner Chris Hansen ? 
C’est une voix tellement unique. En fait, ça a été incroyablement difficile. Il anime un podcast où il revient sur ses anciennes affaires, et je passais mon temps à essayer d’imiter sa voix, mais il traite de sujets assez sombres. Je me baladais dans les rues en répétant ce qu’il disait, et les gens étaient complètement perdus. Mais sa voix est vraiment emblématique à mes yeux, et c’est très difficile à reproduire. 

J’adore l’idée que vous vous promeniez en répétant des répliques de To Catch a Predator - la dernière chose que quiconque souhaite entendre quand on l’aborde. Et puis on en vient à parler du rôle de votre vie… ambassadeur pour Jaeger-LeCoultre (JLC). Qu’est-ce qui vous a attiré vers la marque et vous a enthousiasmé à propos de ce partenariat ? 
Je présentais une catégorie aux Oscars, et mon manager m’a dit : “Tu veux porter une montre ?”. J’ai répondu : “Ouais.” Je ne pensais pas du tout à un partenariat avec une marque de montres ou quelque chose du genre. Je regardais des photos de montres, et la Master Control en or rose est apparue. Je me suis dit : “Ooh, elle est belle.” Je porte très rarement des montres, mais quand je l’ai essayée, je me suis dit : “C’est ma montre préférée.” J’avais immédiatement envie de l’acheter. Après les Oscars, je suis retournée à Londres et je suis passée devant la boutique JLC par hasard, où j’ai regardé toutes les autres montres. Ça a fait tilt dans ma tête. Je me suis dit : “Elles sont tout simplement magnifiques.” Et j’ai fini par en porter une dans le prochain Batman. Cela semble être un partenariat plutôt sympa, et qui me correspond très bien. J’aime énormément le style et la philosophie de la marque. 

Je suis content que vous ayez évoqué The Batman en lien avec JLC, car dans tous les films Batman de Christopher Nolan, Christian Bale porte cette marque. Étiez-vous au courant de cela lorsque vous avez commencé à vous intéresser à ces montres ? Quand j’ai commencé à me renseigner et à essayer de choisir quel modèle adopter pour ce rôle, j’ai réalisé que Christian en portait aussi. C’est étrange : dès que l’on met la Reverso au poignet, on ressent immédiatement l’esprit de Bruce Wayne. Ça semblait vraiment parfait pour le rôle, jusqu'au bracelet que nous avons choisi. C’est la dernière chose que j’enfile quand j’endosse le costume. Il y a un type qui veille sur la montre en attendant, et ça fait tellement Bruce Wayne. 

Cette montre des Oscars vous a donc converti, car vous n'étiez visiblement pas vraiment un passionné de montres avant ça… 
Non, je ne porte jamais vraiment de montres. Maintenant, l’idée d’aller fouiller dans les archives me plaît bien. J’apprécie vraiment les gens qui y travaillent, alors je me dis : “Qu’est-ce qu’il y a comme modèle spécial ?” Mais pour la Master… Je ne crois pas avoir jamais envoyé autant d’e-mails insistants. Je leur disais : “Elle est prête quand ? Quand est-ce que je peux l’avoir ?” 

À Hollywood, avez-vous l’impression que les montres ont pris de l’importance pour les acteurs et les actrices ? 
À 100%. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point beaucoup de gars en sont obsédés — ça semblait littéralement être le sujet principal de conversation à l’after [des Oscars, ndlr]. Tout le monde exhibe ses montres, que personne ne possède. Enfin, j’imagine que certaines de ces personnes les possèdent peut-être. Mais c’est drôle, je regardais dans le dernier numéro de GQ la collection de montres de Jay-Z. C’était fascinant. Il y a quelque chose d’incroyable là-dedans. Et le fait de pouvoir remonter si loin dans le temps avec ces pièces est assez étonnant. 

Maintenant que vous êtes un passionné de montres, allez-vous vous lancer dans l’un de ces centres d’intérêt connexes ? Les voitures, les cigares, le whisky ? Il faut que vous en choisissiez un, maintenant que vous êtes accro aux montres ! 
Pour ce qui est des voitures… j’ai en quelque sorte déjà vécu ça. Quand je tournais Twilight, j’ai eu cette Shelby Mustang, la voiture dont j’avais toujours rêvé quand j’étais gamin. Je crois que c’était une GT350, peut-être, ou une Fastback, comme celle de 60 secondes chrono. Mais on ne se rend pas compte que ce n’est pas une voiture qu’on peut conduire tous les jours. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vécu des situations humiliantes, où elle décidait tout simplement de ne pas démarrer ou de tomber en panne – toujours devant une foule immense de touristes ou quelque chose comme ça – et où je devais la pousser jusqu’au coin de la rue. Je me suis dit : “Ça suffit. J’en ai marre de ça. J’ai besoin de quelque chose qui fonctionne, tout simplement.” J’aime bien le whisky. Je ne peux pas dire que j’ai un goût très raffiné, mais j’aime le rituel. Il y a un endroit près de chez moi à New York qui s’appelle la Brandy Library. Je pense que mes goûts sont probablement assez atroces. Pour les cigares, c’est pareil. J’aime aussi l’idée en soi, mais j’ai toujours l’impression de ne pas vraiment savoir ce que je fais. 

C’est délicat, oui. Étonnamment difficile. 
Étonnamment difficile. Je me souviens que quand j’ai arrêté de fumer, j’avais un cigare, et quelqu’un qui fume des cigares est venu me voir et s’est rendu compte que je fumais le même cigare depuis environ quatre jours. Je lui ai dit : “Ouais, il suffit de le rallumer.” Et il m’a dit : “Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire.” 

Quand avez-vous commencé à vous intéresser aux montres ? Y a-t-il des pièces auxquelles vous tenez particulièrement, que vous avez découvertes en travaillant sur des films ou qui vous ont été transmises par votre famille ? 
Mon père a offert une Reverso à ma mère quand j’étais adolescent. J’avais probablement 14 ans. Et je me souviens que quand je suis entré au collège, je la portais en pensant que ça ferait de l’effet. Les seules montres que j’ai jamais possédées étaient quelques modèles vintage des années 60, que j’ai toujours beaucoup aimés. Je les ai toujours, mais elles sont incroyablement simples. Quand une montre est trop épaisse et qu’elle fait remonter la manchette, je ne comprends pas vraiment l’intérêt. Beaucoup d’hommes aiment vraiment ça, mais je ne pense pas pouvoir vraiment porter ce genre de modèle. J’ai besoin qu’elle ne dépasse que de moitié. 

Depuis que vous vous êtes lancé là-dedans, qu’est-ce qui vous a le plus marqué en termes de préférences ? 
J’aime vraiment les montres très fines. C’est le plus important. En général, je préfère probablement un bracelet en cuir, mais pour une raison que j’ignore, le bracelet en métal de la collection Master Control… il y a quelque chose d’extrêmement élégant là-dedans, et je trouve qu’il s’adapte vraiment bien à mon poignet. J’aime aussi que la montre soit presque entièrement composée d’un seul matériau. Parfois, quand il y a trop de détails, la montre me fait un peu penser à un jouet. Je préfère qu’elle ait un look adulte et épuré. 

Depuis que je suis parent, la montre est devenue vraiment importante, car elle me permet de savoir l’heure sans avoir à sortir mon téléphone tout le temps. Êtes-vous du genre à être très strict sur le temps passé devant les écrans et à vous déconnecter de votre téléphone, ou est-ce plutôt la loi de la jungle ? 
Franchement, je suis le pire. Je n’ai littéralement aucune maîtrise de moi, sur quoi que ce soit. Mais avec les enfants, j’adore l’idée de leur transmettre [mes montres]. Il y a quelque chose dans une montre qui fait que, plus que n’importe quel autre objet de ta vie, tu te dis : “Je ne vais pas la perdre. Je ne vais pas la donner. Je vais la donner à mon enfant.” Et il n’y a pratiquement rien d’autre dans la vie avec lequel on puisse faire ça, et que votre enfant appréciera vraiment. C’est tellement génial de pouvoir offrir ça à son enfant quand il atteint l’âge adulte. J’aime cette idée.

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