mercredi 16 août 2017

Nouvelle Interview de Robert Pattinson, Josh et Benny Safdie avec Rolling Stone


Traduction :

Robert Pattinson ne peut pas l'expliquer - Il le savait simplement. 

C'était au début de l'année 2015 et cela faisait désormais trois ans que la star de Twilight était éloignée d'Edward Cullen, le vampire mythique, l'idole qui a fait la renommée de l'acteur britannique mais qui l'a également mis dos au mur. Recherchant à se libérer, la star de 29 ans à l'époque, a commencé à rechercher des drames audacieux et à travailler avec des réalisateurs comme David Cronenberg, David Michôd, Werner Herzog et James Gray. Il était déterminé à prouver qu'il n'était pas simplement une Pin-up d'Y.A [Young Adult]. Et au milieu de cette réinvention, Pattinson est tombé sur une photo promotionnelle d'Heaven Knows What, un film New Yorkais indépendant, réaliste et implacable sur une femme sans-abris ravagée par sa dépendance à l'héroïne. 

"Ça m'a vraiment frappé," dit-il doucement, assis dans la suite d'un hôtel à Beverly Hills, en se rappelant le moment. "Normalement vous voyez des images vraiment frappantes dans de nombreux films européens. Mais c'est rare de voir cela ressortir d'un film indépendant américain."

Pattinson ne savait rien sur le film - il n'avait même pas vu la bande annonce. Ni même aucun des précédents films des réalisateurs, les frères Josh et Benny Safdie. Mais en regardant cette photo, il savait : il devait faire affaires avec ces cinéastes. Donc Pattinson leur a envoyé un email.



"Quand j'aime quelque chose, je suis incroyablement enthousiaste," explique l'acteur avec un sourire chaleureux et séduisant. "Dans le premier email que j'ai envoyé, je disais 'Je suis complètement certain que nous sommes censés faire quelque chose ensemble.' Et ils disaient 'Avez-vous vu un de nos trucs ?' Et je disais, 'Non, je n'ai pas besoin de le voir. Je le sais."

Deux ans plus tard, et le résultat de cette interaction initiale est prêt à se faire une place à l'écran. Good Time suit un petit escroc nommé Connie Nikas, au cours d'une nuit de plus en plus frénétique dans le Queens, alors que ce voyou part dans une quête effrénée pour réunir l'argent de la caution pour faire sortir son frère handicapé mental de prison après qu'un braquage de banque ait mal tourné. Dire que ce thriller électrique réévalue ce que nous pensons de Pattinson serait peu dire - pourtant c'est également un coming-out pour les Safdie - deux cinéastes peu reconnus, connus pour des drames dynamiques cultes comme The Pleasure of Being Robbed en 2008 et Daddy Longlegs en 2009. C'est un film urgent, à sensation, mais plus important encore, Good Time a un bon timing - la combustion d'un acteur voulant s'assombrir et de cinéastes voulant élargir leur profil commercial. 

Dans une interview séparée, Josh et Benny Safdie se souviennent que la discussion de départ en 2015, a eu lieu alors qu'ils se préparaient à voir Heaven Knows What au festival SXSW. "J'avais remarqué que la lutte qu'il traversait, n'était pas commerciale," dit Josh à propos de Pattinson. "Il recherchait quelque chose de plus profond."

Il se trouve que les frères étaient également à la recherche de quelque chose. Ils se sont spécialisés dans des films éloignés du grand public, qui portaient sur des acteurs non professionnels, des sujets sombres avec un accent sur la vie de tout les jours dans la rue. Leurs films ont eu de nombreuses bonnes critiques, mais le duo  a atteint une limite à l'extérieur du circuit des festivals. "Nous avons fait ces films durant une décennie," dit Josh, qui parle dans des rafales passionnées, son frère plus calme est assis à côté de lui, l'écoutant. "Nous étions un peu frustrés par le manque de public. Nous avons compris qu'ils atteignaient certaines personnes - et nous faisons principalement ces films pour nous-mêmes. Mais chaque film que nous faisons, nous les voyons comme des blockbusters."

Donc l'idée, disent-ils, était d'essayer quelque chose de légèrement différent cette fois-ci. "Nous voulions faire une fusée," explique Josh. "Nous avions cette envie ardente de faire un thriller à sensation. Nous voulions prendre tout ce que nous avions appris de l'étude de nos personnages et les associer à un genre. Nous ne voulions pas en faire un exercice." dit-il en secouant la tête. " Je ne supporte pas quand quelque chose est un 'exercice'. Nous ne faisons pas cela."
Tout d'abord, ils devaient déterminer quel genre d'histoire ils voulaient raconter. Comme se souvient Pattinson : "Au départ je devais sortir de prison et mon frère était dans une classe de théâtre. Je me joins à la classe et ensuite une des personnes qui essaie d'apprendre à jouer est maquilleur. Il fait des prothèses, donc nous utilisons des prothèses pour braquer des banques déguisés."

Cette histoire s'est rapidement transformé en un conte où Connie et son frère Nick (joué par Benny Safdie), braque une banque à la lumière du jour. Mais ensuite le travail tourne mal, Nick panique alors qu'il est interrogé par des flics, finissant par se faire arrêter alors que Connie s'enfuie. Pattinson envisageait le personnage comme les rôles indélébiles des années 70 qu'il désirait joué quand il était un acteur en herbe. "Vous regardez Mean Street et vous vous dites, 'Je ne serai jamais capable de faire cela." dit-il. "Quand j'ai commencé à jouer, tout le monde disait 'Oh, vous êtes allés dans une école privée ? Vous êtes Anglais ? Cela veut dire que vous allez faire des drames d'époque et c'est tout.' Même mes agents à l'époque étaient comme cela. Vous devez prouver des choses - et vous avez peu d'opportunités pour le faire."

Les trois hommes insistent sur le fait qu'ils n'étaient pas inquiets de la façon dont un acteur entraîné travaillerait avec le casting non-professionnel des Safdie. (Jennifer Jason Leigh et la révélation de Captain Phillips, Barkhad Abdi font également une brève apparition.) "Je pense qu'une partie de l'attrait pour Rob est qu'il savait que nous ne l'adorions pas," dit Josh. Quant à Pattinson, de jouer aux côtés d'un vrai agent de caution et de criminels lui a offert des moments de libération et de terreur. "Je me dis toujours qu'un autre acteur va me juger," dit-il en riant. "Donc si vous faites quelque chose et que vous vous dites que les autres acteurs professionnels pensent que vous n'avez pas l'air authentique, vous vous dîtes, 'Eh bien, tu n'as simplement pas de goût.' Mais si les autres personnes jouent essentiellement leur propre rôle et pensent que vous n'êtes pas authentique - vous êtes sincèrement faux."

Pourtant les Safdie ont franchi la ligne de l'authenticité quand  ils ont choisi Benny dans le rôle du déficient intellectuel, Nick. "Nous recherchions des personnes qui avaient un handicap pour peut-être jouer le rôle." explique Benny. "Mais c'était un problème pour nous, parce que pour leur faire faire et dire des choses [dans le film], nous aurions du les pousser, manipuler la situation. Cela sonnait mal, moralement, de le faire."

Et alors que cette expérience salissant un des visages les plus célèbres au monde devrait être considérée comme un succès pour tout ceux qui sont impliqués - surtout pour Pattinson, dont le tournant désespéré, nerveux ressemble à une réelle révélation pour l'acteur - cela montre à quel point la star et ses réalisateurs perçoivent le triomphe différemment. Pour les Safdie, qui ont toujours considérer ce qu'ils faisaient comme des blockbusters, ils sont prudemment optimistes quant à la perspective d'une plus grande visibilité et une meilleure chance pour faire plus de projets à l'avenir. (Ils ont déjà Jonah Hill pour leur prochain film, un thriller appelé Uncut Gems.)

"J'ai le sentiment - j'espère que ce n'est pas un faux sentiment - que cela peut fonctionner," dit Josh en riant nerveusement. "Pour la première fois, nous avons été invités à la table. Le matraquage médiatique est très fort; j'espère que cela va sortir de la pièce. Car, vous savez, je veux voir plus de choses comme ça."

Pour Pattinson, cependant, l'appel a été l'occasion de disparaître. "Avec Benny, pendant peut-être quatre jours nous nous sommes simplement promenés et avons parlé à des gens dans la peau du personnage," dit l'acteur. "C'était tout simplement incroyable, je n'ai jamais rien fait comme cela. Nous sommes allés dans un Dunkin Donuts à Yonkers et nous avons déjeuné là-bas - totalement dans la peau du personnage. Et nous parlions aux gens qui y travaillaient. Les gens ne se posaient pas de question." Il rit, soudainement conscient de la mièvrerie de ce qu'il dit. "C'est probablement parce qu'ils s'en fichaient."

Source

Traduction : Sabine@therpattzrobertpattinson.blogspot.com

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