L'interview :
Harper's Bazaar France : Zendaya, Robert Pattinson, qu’est-ce qui vous séduit dans un rôle comme celui-ci ?
Robert Pattinson : Je suis un grand fan des films de Kristoffer Borgli. J'ai adoré Dream Scenario, à l'époque, je lui avais dit que je voulais travailler avec lui, mais il a d'abord donné le rôle à Zendaya ! J'étais évidemment très enthousiaste à l'idée de jouer avec elle, j'ai trouvé que c'était un choix incroyablement audacieux, et j'ai aussi entendu dire qu'elle avait elle-même insisté avec beaucoup d'énergie pour obtenir le rôle. Le film m'a semblé être une œuvre très originale.
Zendaya : J'ai l'impression que chaque personnage m'apprend quelque chose de nouveau sur moi-même, me fait découvrir de nouvelles facettes émotionnelles. Emma a une fragilité que j'ai pris plaisir à explorer. Il y a en elle une petite fille qui cherche vraiment à être aimée et acceptée, et qui tente de concilier cela avec son statut de femme adulte. Voir émerger chez elle cette part d’enfant fragile et vulnérable que nous avons tous parfois en nous. De plus, le tournage s’est déroulé à merveille, dans une fluidité créative, à l’opposé de l’histoire qui s’intitule littéralement The Drama !
Robert Pattinson : On ne peut pas être prescriptif quant à la manière dont le public va se sentir. En tant qu’acteur, la seule chose que l’on peut faire, c’est essayer de trouver ce qui nous touche profondément et ainsi espérer créer ce frisson. Je ne pense pas que le film m’aurait autant attiré si c’était une simple comédie romantique.
H.B. : Kristoffer Borgli, vous avez mis en place une sorte de ciné-club en préparation du film ?
K.B. : Oui, pendant la préproduction, on regardait des films ensemble. Il y avait notamment Bob & Carol & Ted & Alice de Paul Mazursky, qui était une référence très intéressante au niveau du ton. On a aussi regardé La Pianiste de Michael Haneke ainsi que Melancholia de Lars von Trier. Ils sont très différents les uns des autres, mais chacun représente une facette du film.
Z. : Chacun servait de référence à sa manière, parfois pour une scène précise, parfois pour une ambiance, un moment ou simplement un style. C’était très enrichissant, et aussi un vrai moment de partage entre nous. Ça a beaucoup contribué à créer une dynamique de groupe
H.B. : Qu'est-ce que ce film vous a appris sur l'amour ?
Kristoffer Borgli : Aimer quelqu'un, c'est le connaître.
Robert Pattinson : Je dirais exactement le contraire ! Plus sérieusement, on ne peut pas vraiment choisir de qui l’on tombe amoureux. Ce que j’ai trouvé très intéressant dans cette histoire, c’est que la moralité est subjective selon le milieu dans lequel on évolue, et que la morale individuelle d’une personne peut différer de celle de son groupe. Je pense que c’est plus vrai que ce que l’on aimerait admettre. Même dans les films romantiques, je crois qu’il s’agit davantage de personnages qui évoluent intérieurement. En plus, ils ne se désunissent pas : ils cherchent toujours à s’aimer, ils sont pleinement engagés dans cet amour, et il y a là quelque chose d’inhabituellement très romantique.

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