mercredi 9 août 2017

Nouvelle interview de Robert Pattinson, Josh et Benny Safdie avec The New York Magazine


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Traduction :

Robert Pattinson ressemble en personne, indubitablement à Robert Pattinson - c'est-à-dire, comme il à l'air dans les films et sur la plupart des photographies. Il a été continuellement photographié pour son inéluctable talent à ressembler, et bien, à Robert Pattinson. Sa mère était agent de modèle et il a commencé à faire du mannequinât tôt et a plus récemment été le visage de Dior. C'est aussi son fardeau, si vous voulez l'appeler ainsi, sa beauté a été transformé en arme par ses années à jouer le parfait petit ami vampire dans Twilight, Edward Cullen, un rôle qui pourrait aussi avoir été spécialement conçu pour conditionner les jeunes spectateurs impressionnables dans une incurable et éternelle pâmoison hormonale. Il y a quelques années, il a du vendre sa grande maison près de Griffith Park car ça a fini par être infesté par des paparazzi - il a même habillé son assistant comme lui et l'a envoyé dans sa voiture pour faire un leurre.
Ce n'est pas qu'il n'a pas prouvé qu'il est capable de jouer et à sa décharge, il a cherché des rôles dans des films non-pop, du financier dans Cosmopolis à l'explorateur Edwardien déroutant dans The Lost City of Z - mais ses rôles ont également tendance à lui faire ressembler à une certaine vision de lui-même.


Les frères Safdie, Josh, 33 ans et Benny, 31 ans, ont réussi à faire ressortir quelque chose de lui dans leur nouveau film, Good Time. Pattinson a approché les frères en 2015 après avoir vu en ligne une image de leur dernier film, Heaven Knows What, avec Arielle Holmes, une ancienne SDF Junkie et basé sur ses expériences personnelles, il s'est dit : ça ne ressemble pas vraiment à Twilight. Il s'avère que les Safdie, font leurs films d'une manière créative, intuitive et collaborative, utilisant souvent des amis ou des gens qu'ils viennent de rencontrer comme acteurs et parfois en évitant les subtilités habituelles telles que des permis de tournage. Tout cela a attiré Pattinson, qui pour ce que cela vaut, n'a pas besoin du gros chèque d'Hollywood.
Cela fait partie d'un projet plus vaste, ou d'une expérience, pour Pattinson, qui a maintenant 31 ans, pour redéfinir sa carrière et lui-même, pour utiliser sa célébrité super naturelle pour quelque chose de bon - ou qui l'intéresse, de toute façon. "Ce qu'il voulait," dit Benny, "c'était, comme il l'a dit, de disparaître dans quelque chose, de faire quelque chose qui ne lui ressemble pas. Et nous nous sommes dit : Prenons le aux mots."
Et donc ils ont fait Good Time, un sorte de film de braquage sombre, qui sort le 11 Août et avec Pattinson dans le rôle de Connie Nikas, une jeune ordure qui décide de recruter son frère mentalement handicapé, Nick Nikas - joué par Benny - pour faire un braquage de banque avec lui. Les choses tournent mal et alors que le film se promène dans le moins cinématographique Queen, ils continuent leur spirale infernale. Son grain et sa vigueur évoquent des films comme Dog Day Afternoon, Kids et Sid & Nancy, des totems du rétro-cool insouscient, mais marqué par une musique fait par Daniel Lopatin. C'était, pour Pattinson, également une sorte d'évasion - un encanaillement artistique - qui lui a permis de faire quelque chose de presque magique : en costume, dans la peau du personnage, il a été capable de prendre le métro en paix.
J'ai rencontré Pattinson et les frères Safdie sur le toit des studios Spring, où nous avons bu du café glacé et avons grignoté des pâtisseries, tandis que Pattinson vapotait discrètement.

Il y a une légende sur la façon dont vous avez commencé à travailler avec les Safdie. Connaissiez-vous leur travail quand vous les avez contacté ?
Robert Pattinson : Non.
Josh Safdie : C'était tellement incroyable. Il a juste vu cette photo.
RP : C'était sur la bannière d'un site web, simplement le visage d'Arielle; elle avait cette incroyable expression sur son visage. J'ai aimé cette sensibilité.

Est-elle une super-détractée sous héroïne ? Elle a un tel visage qui à l'air complètement défoncé dans ce film.
JS : Elle ne l'était pas vraiment. C'est une photo d'une scène avant qu'elle soit défoncée.

Est-ce que vous avez déjà vu Twilight tout les deux ?
JS : Non, je ne l'ai toujours pas vu. J'avais vu Cosmopolis et The Rover quand je l'ai rencontré...
Benny Safdie : Moi non plus. Quand nous avons rencontré Rob, nous rencontrions Rob.

Comment s'est passé ce premier entretien ?
RP : J'ai le sentiment que nous étions d'accord que nous devions faire quelque chose. Il ne s'agissait pas d'un projet particulier ou quoi que ce soit. Mais je me souviens avoir quitter le rendez-vous et de m'être dit : Ouais. D'ordinaire dans un entretien pour un film c'est seulement avec le réalisateur. Et vous essayez de les impressionner et ils essayent de vous impressionner.

Comme un rencard.
RP : Si on en a un avec deux personnes, c'était plus comme commencer un spectacle.

C'est comme un numéro de comédie.
RP : Et c'est ce que je voulais. Je savais que pour atteindre un certain niveau d'énergie que je voulais, vous devez vous engager dans le monde de quelqu'un d'autre. Et ils semblaient faire partie d'un monde autonome, qu'ils n'essayaient pas seulement de faire un film ou autre. Mais ça ressemblait à un environnement complet dans lequel on pourrait envisager se rendre. Parce que je suis tombé dans le métier d'acteur et que j'ai essayé de m'améliorer, j'essaie toujours de faire ce que l'autre acteur fait, j'essaie de comprendre comment être sur le pied avant au lieu du pied arrière et je pouvais sentir qu'avec eux, c'était impossible de ne pas être forcé d'être propulsif.
JS : C'est notre truc, même l'un avec l'autre, nous essayons de nous aveugler l'un l'autre avec notre enthousiasme afin de ne pas avoir d'autre choix que de nous y soumettre, et c'est le but de la vie - juste de s'y perdre, toujours.

Quel a été votre réaction quand Robert vous a contacté ?
JS : Il y a un véritable attrait autour de Rob et il était clair qu'il était intéressé pour s'exprimer et qu'il ne faisait pas de choix commerciaux.

Je crois que le mot que vous avez utilisé une fois était "bizarre".
RP : Je peux penser à un meilleur.

Donc vous avez décidé de faire ce film centré sur lui ?
JS : Rob avait un trou dans son planning et nous nous sommes dit : Faisons une fiction, vous savez ? J'étais entrain de lire "The Executioner's Song" pour la première fois. Je lisais 'In the belly of the Beast' [un livre basé sur des lettres de Norman Mailer à un condamné nommé Jack Abbott, que Mailer a aidé à obtenir la liberté conditionnelle et qui peu après a tué un homme].

Donc vous vous êtes dit, Transformons le en criminel.
JS : Je dirais une dernière chose à propos de Rob et de son visage. Glenn O'Brien, qu'il repose en paix, a écrit cette excellente pièce il y a des années sur le look particulier qu'a le criminel américain selon lui. Et c'est un look qui a depuis été récupéré par l'industrie de la mode - cette idée d'un criminel étant uniquement beau, avec du charme, ils l'ont utilisé à leur avantage...
BS : Comme Ted Bundy...
JS : Charles Manson, Richard Ramirez. Et nous n'allons pas nous asseoir ici et prétendre qu'il n'est pas un beau garçon, il est particulièrement beau. Parfois tu ressembles à un alien.
RP : [Rires] je prends.

Et comment c'est passé le processus ?
JS : Pendant qu'il tournait The Lost City of Z, nous parlions beaucoup, construisant le personnage.
BS : Il m'envoyait des emails dans la peau de Connie et je lui répondais dans la peau de Nick.
RP : C'était une des choses les plus agréables à ce sujet. Beaucoup de gens sont tellement réticent à montrer le nouveau brouillon d'un scénario ou alors il arrive quand il presque trop tard. Et la fois d'après il est entièrement réécrit. C'est sympa de voir le processus. Cela vous rend beaucoup plus investi dans le projet.

Comment a t-il évolué ?
JS : La première version au tout début était un film de prison, où il s'enfuie.
BS : Donc c'est l'une des choses à partir de laquelle nous avons commencé. Et ensuite l'énergie de Rob - il est presque tout le temps pressé. Il essaie constamment d'éviter d'être vu. Je me souviens très précisément de la recherche de lieu de tournage avec Rob. Parce que nous y allions au culot, cela a beaucoup apporté, même si l'espace n'est pas utilisé. Je me souviens d'être allé dans un magazine de vêtements, les gens ont commencé à prendre des photos et j'ai vu son visage, il est presque entré dans une guerre dans son esprit...
JS : Et tout le monde a commencé à graviter autour et a sortir leurs téléphones. Mais quand nous faisions le film, nous avons mis une énergie totalement différente et personne ne faisait attention et nous avons été capable de faire tout ce que nous voulions, où nous le voulions. C'est incroyable.
RP : C'est dingue la façon dont ça marche. D'être complètement invisible et il y a toute une équipe de film et personne ne le remarquait. C'est si étrange.
BS : Il s'agit de distraction. A un moment, nous étions dans une rue très bondée et nous ne voulions pas que Rob soit reconnu. C'était à l'extérieur du centre commercial Flushing. Et j'avais du sang partout sur moi, donc tout le monde me regardait - Oh, il a du sang sur lui ! - C'est une distraction parfaite.
RP : Je le regardais aussi. Je suis devenu un membre de la foule.

Donc durant le tournage vous avez plus marché dans la ville que vous ne l'aviez fait depuis des années ?
RP : Bien plus et bien plus effrontément. Si vous avez l'air vraiment sale...

Vous aviez l'air vraiment sale. Votre peau était grasse. 
RP : C'était ça le truc. Quand nous avons réalisé que la peau grêlée...
BS : Cela faisait partie du développement du personnage. 
RP : Littéralement, c'était presque une transformation immédiate. 
JS : Tommy Lee Jones était une grande inspiration. Parce qu'il a joué Gary Gilmore. Et il avait cette peau. 
BS : Cela en dit beaucoup sur quelqu'un. 

Et avec sa diète. Vous donniez l'impression d'être toxique. Avez-vous changé votre alimentation pour le film ? [Ils rigolent].
RP : Je n'ai mangé que du thon. Directement dans les conserves. J'ai ce truc malsain, quand j'essaie de perdre du poids je ne mange que du thon. Et en même temps, je me dis que c'est assez sain de manger du thon. 
BS : Peut-être que tu as été empoisonné au mercure. 
JS : C'était plutôt génial. Il est resté dans un appartement en sous-sol à quelques pâtés de maisons de ma maison et je me souviens d'être aller chez lui et c'était comme si une bombe s'était déclenchée. 
RP : [Rires] Je n'ai laissé personne me rendre visite. Et je n'ai pas sorti la poubelle. Donc toute la pièce sentait le poisson pourri. Il y avait de la crasse partout. 

Vous vivez comme cela normalement ?
RP : Si je suis livré à moi-même. 

Donc, une des choses que vous avez aimé durant ce film, c'était d'être capable de ne pas être vous, même à la vue de tous ?
RP : La dernière fois que j'ai tourné à New York, c'était dingue. Je m'attendais à cela. 

Quand était-ce ?
RP : Remember Me, il y a quelques temps. Mais à chaque fois que je vais à New York, c'est la même chose. Vous êtes repérés une fois et vous ne pouvez plus être seul après coup. Et si j'essaie de faire quelque chose, je suis prisonnier de ma conscience. Je me disais qu'en plus de ruiner ma performance dans ce film, cela ruinerait tout le film. 

Ne pas être reconnu durant cette période est une expérience complètement inconnue pour vous.
RP : Oui, et durant ce temps, j'ai réalisé qu'il y avait des manières de devenir invisible. Des façons d'agir. C'était très intéressant. Et c'est ce que le personnage fait aussi. 

Qu'avez-vous pensé de Connie ? Je ne l'ai pas trouvé si sympathique.
RP : Mais il a un but. J'aime l'idée d'un personnage qui selon toutes les attentes conventionnelles est une personne mauvaise. Mais c'est juste impossible d'être seulement une mauvaise personne. 

Mailer avait une certaine idée romantique des hors-la-loi, comme étant pure. 
RP : C'est un gars qui établit sa moralité au fur et à mesure. Mais à tout moment, quand cela change, il en est complètement convaincu. A chaque fois qu'il ment, il n'a aucune idée qu'il ment, il ne ment jamais. S'il croit en quelque chose, c'est vrai. 

Une grande partie du film est tiré de la vraie vie. Buddy Duress, qui joue un ancien taulard encore plus malchanceux dans le film, est un ami de Josh qui a été en prison et il a contribué à inspirer le scénario avec ses notes. Vous avez amené Pattinson dans des maisons de transition et des prisons pour l'aider à saisir son personnage. 
RP : Josh m'appelait et disait "Ok, on va aller faire un tour au centre de détention de Manhattan."
JS : Il y est allé dans la peau du personnage. 
RP : Un des gars m'a demandé : Donc, pourquoi tu es là 'Scared Straight' ?

Merci à Posh & robertpattinsonau.com pour les scans

Traduction : Sabine@therpattzrobertpattinson.blogspot.fr

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