mercredi 30 juillet 2014

Nouvelle Interview de Robert Pattinson pour Esquire - Septembre 2014

Robert Pattinson : Interview Exclusive pour le numéro de Septembre d'Esquire

Il est l'acteur britannique de 28 ans qui a survécu à l'épreuve du feu - Le phénomène Twilight, l'hystérie des Tabloïds - pour devenir une des vedettes masculine les plus prometteuses. Au cours des prochains mois, vous le verrez délivrer des performances de haut niveau dans les films de David Cronenberg, Werner Herzog et Anton Corbjin. Tout d'abord, The Rover, le film à voir de cet été. Pour célébrer cela, Esquire a invité la star en couverture du numéro de Septembre à manger un barbecue et boire des bières.

Il ne semble pas du genre nerveux, Robert Pattinson. Il a toujours l'air si calme, face à toutes ces filles qui hurlent. Mais il y a des moments quand il devient, en effet, très anxieux, le cœur s'accélère et le comportement change. Et quand il l'est, il ment, il invente des choses. Ou du moins c'est qu'il a dit lors d'une interview avec Jimmy Kimmel récemment, quand il était l'invité de l'émission pour promouvoir son dernier film, The Rover.




Étant donné qu'il était clairement nerveux pour l'interview, peut-être a t-il menti tout du long, ce qui veut dire qu'il ne l'était pas, ce qui veut dire qu'il l'était et ainsi de suite. Mais ensuite il l'a prouvé. Alors qu'il se tortillait et s'agitait sur son siège, il a raconté à Kimmel, à propos de rien, qu'il avait "une salive extraordinairement lourde", c'est pourquoi il ne pouvait pas cracher très loin, pas plus d'un pied. Il a aussi dit qu'il appréciait se faire cracher dessus d'une manière érotique. Le public a adoré, et c'était assez drôle. Mais c'était aussi très bizarre.

"Ok je peux expliquer" dit-il. "Dans tous ces talk-shows vous devez faire une pré-interview avec des producteurs le jour d'avant. Et ensuite une seconde avant d'y aller, ils vous disent ce que vous avez dit dans la pré-interview pour vous préparer - et après vous devez y aller et le dire à nouveau. Donc, j'étais assis là avec Jimmy et cette histoire que j'ai raconté la veille ne semblait soudainement pas drôle du tout. Je veux dire, ce n'était pas si drôle que ça la première fois et maintenant je dois dire cette histoire pas drôle avec Jimmy qui va faire semblant de rire... et je ne pouvais simplement pas le faire. Donc j'ai commencé à paniquer. J'étais littéralement en sueur. Et j'ai senti que je commençais à baver. Je me suis dis 'Oh mon dieu, je commence à baver.' Donc, j'ai inventé cette stupide histoire sur le fait d'avoir une salive lourde et Jimmy se disait, 'Mais qu'est ce que tu racontes bordel ?'"

Il rit. C'est une sorte de rire marmonné, plein d'auto-dérision et de retenu. "Dès que j'ai vu son visage, je me suis senti mieux !" sourit-il. "J'étais de retour dans ma zone de confort !"

Il me raconte tout ça alors qu'il est assis dans mon arrière-cour à Eagle Rock, au Nord Est de Los Angeles. Oui, Robert Pattinson est dans ma maison, buvant une bière alors que je suis autour du grill, un scénario qui devrait probablement sembler plus étrange que ça ne l'est. Il n'est jamais venu avant. Ce n'est pas comme si nous étions amis ou autre. Nous ne nous sommes rencontrés qu'une fois, il y a trois ans, une occasion qu'il a depuis longtemps oublié.

C'était lors d'un press junket à bétail pour le dernier film Twilight. Il était enfermé dans une suite d'hôtel stérile à Bervely Hills et j'étais un des billions de journalistes qu'il a rencontré ce jour-là. Je me souviens qu'il s'était présenté avec un Tee-shirt qui baillait sur le côté et qu'il ne l'avait pas remarqué - Ce n'était pas un truc fashion, la couture était simplement partie. Il avait aussi mentionné ses nerfs alors, en disant qu'il était si nerveux avant les auditions qu'il avait pris un Xanax avant la dernière audition pour Twilight, seulement il avait exagéré et était arrivé tout somnolent. "Oh cette interview ! J'ai du vivre avec après. Les gens se disaient, 'Toxicomane !' Ma faute. J'en ai parlé 50 fois dans les interviews aussi."

Cette fois-ci, j'ai suggéré que nous essayons quelque chose d'un peu plus agréable. Peut-être traîner comme des gens normaux pour changer ? Après tout, c'est un mec de Barnes, au sud-ouest de Londres, de 28 ans, à la fin de la journée. Peut-être pourrions-nous aller dans un pub ? Son équipe a dit que c'était trop public : De Barnes ou pas, c'est toujours Robert Pattinson.

Et si il portait un déguisement, ai-je dit ? N'est-ce pas ce que font les célébrités, porter un masque de ski au Starbucks et ainsi de suite ? Ils ont rejeté l'idée : Robert ne sort pas beaucoup et quand il le fait il va juste dans la maison d'autres personnes.

Et c'est comme ça que ça c'est passé. J'ai dit 'venez chez moi', j'ai mis les bières au frais et le grill en route pour le déjeuner. C'est L.A en été, c'est ce que les gens font. Et maintenant il est là, ce grand et entièrement affable anglais dans un tee-shirt blanc et un jean noir, caressant mes chiens et faisant des remarques gentilles sur le quartier. Il n'y a pas d'attaché de presse à l'arrière, pas de garde du corps à la porte. Vous devez lui admettre ça : peu de stars de cinéma viendraient dans la maison d'un journaliste comme ça et se soumettrait à un interrogatoire.

Et encore aujourd'hui il semble détendu, heureux de simplement se relaxer et bavarder alors que je m'occupe de la nourriture. Pas de signe de ces nerfs dont il parlait. L'objectif est un saumon sur planche de cèdre, légumes grillés et pas d'explosion. J'ai pensé à faire léger car vous ne savez jamais avec les acteurs. Choisissez une recette qui à l'air plus difficile qu'elle ne l'est. Et gardez en de côté juste au cas où. Je me suis un peu emporté au supermarché Wholefoods ce matin. Salade de pomme de terre, orzo avec de la feta, des truc de chou aux raisins...Est-ce que R-patz aime le raisin ? Puis-je chercher ça sur Google ?

"Désolé, j'aiderai bien mais je suis inutile avec tout ça," dit-il en pointant le grill.

Mais le grill c'est un truc viril, c'est ce qu'ils disent.

"Je sais, mais mon idéal de la virilité est d'être incapable de faire quoi que ce soit," sourit-il.

Quoi, Comme changer un pneu ?

"Non, n'importe quoi. Soyez fier de votre ignorance. 'Ne me demandez pas, je suis un homme ! Trouvez quelqu'un d'autre pour le faire !'" il rigole en buvant sa bière. "C'est drôle, moins vous en faites et plus vous accumulez de choses à faire. Ces jours-ci, un simple coup de téléphone me fatigue."

Il n'est pas du genre pratique, disons le. L'autre jour, il a essayé d'ouvrir une bouteille avec son Iphone; maintenant il n'arrive pas à désactiver son haut-parleur. Il adore Game of Thrones, mais il ne sait pas comment l'enregistrer sur sa télé, donc il le regarde tous les dimanches. Il y a quelque chose d'excentrique à propos de lui, le professeur écervelé, loin dans ses pensées. Au moins cette fois-ci son T-shirt est intact.

La seule chose qu'il a du faire lui même c'est de conduire jusqu'ici. Il aime conduire dans L.A, même avec les embouteillages. Il raconte qu'il est "une personne relativement solitaire", donc conduire est parfait : il écoute du stan-up sur la radio satellite Sirius et les bouchons se dissipent. Mais aujourd'hui, son assistant l'a déposé. Apparemment, les paparazzis étaient à nouveau au parfum. Il y a quelques jours, ils ont montré l'extérieur de la salle de gym de Pattinson et quand son entraîneur personnel leur a dit que l'acteur n'était pas la et a essayé de les faire partir, ça s'est transformé en bagarre qui a fini sur TMZ.

Ce matin, il y avait 6 voitures à l'extérieur de sa maison.

"Je ne comprends pas pourquoi," dit-il, perplexe. "Je pense que ça va par période, quand vous êtes assignés 'le gars à suivre'. Mais chaque fois que je vois un tas de paparazzis traîner, je me dis toujours, 'Oh mon dieu, qu'est ce qu'ils ont trouvé !'" Rit-il. "Oh, CET enfant illégitime ! j'avais complètement oublié !"

Ce n'est pas le scandale qui l'a mis dans le viseur. Il n'est tout simplement du genre à faire des scandales. Le seul vrai ragot dans lequel il a été impliqué a été sa rupture avec sa partenaire dans Twilight Kristen Stewart en 2012, dont il s'en est très bien sorti - c'était Stewart qui l'a trompé et avec un homme marié. Non la raison pour laquelle les paparazzis sont à sa poursuite est plus prosaïque : il est juste occupé, c'est tout. Au cours de l'année dernière, il a fait, avec diligence, film après film indépendant, dans ce qui a été sa première période de travail post-twilight. Et jusqu'à présent, sa direction semble évidente - il travaille exclusivement avec des auteurs, dans des films qui ne sont manifestement pas commerciaux et dans des rôles qui sont particulièrement difficiles et très différents, les uns des autres.

 L'été dernier, il a terminé le tournage de The Rover en Australie, un western dystopique de David Michôd, qui a aussi réalisé le brillant Animal Kingdom en 2010. La performance de Pattinson reçoit déjà des critiques élogieuses. Il a ensuite passé 10 jours à tourner Maps to the Stars, une satire impitoyable de David Cronenberg sur Hollywood, suivie par Queen of the Desert de Werner Herzog dans lequel il interprète Lawrence d'Arabie. Au printemps dernier, il a tourné dans Life d'Anton Corbijn, dans lequel il joue le photographe Dennis Stock, qui est l'auteur de photos emblématiques de célébrités dans les années 50. Et plus tard dans l'année, il travaillera sur un drame du réalisateur français Olivier Assayas, aux cotés de Robert De Niro.

Et ce ne sont que les productions qui sont confirmées. Il y a une longue liste d'autres projets indépendants très captivants sur son ardoise. Un film avec James Gray (The Immigrant) basé sur le livre The Lost City of Z de David Grann, et deux films qui sont en fait écrits pour lui - Harmony Korine (Spring Breakers) lui écrit un film de gangsters qui se déroulera à Miami, et Brady Corbet, l'un des tueurs à vous glacer le sang de Funny Games de Michael Haneke, est en train de développer un script appelé The Childhood of a Leader. "Ça raconte la jeunesse d'un futur dictateur dans les années 30," dit-il. "Une sorte de mix de Hitler, Mussolini et quelques autres. Je ne veux pas lui porter la poisse, mais Brady est vraiment un génie dans le milieu. Je le connais depuis huit ans environ, et il a seulement 25 ans."

Il se construit un panel vraiment extraordinaire. Et il le fait avec un but, en recherchant activement les cinéastes qu'il admire. Il a appelé de lui même Harmony Korine et il l'a rencontré pour un dîner, et il a dit à The Hollywood Reporter: "Il m'a fallu beaucoup de temps pour réaliser que je pouvais faire ce genre de chose".

On semblerait qu'il choisi des projets à l'opposé de ce qu'était Twilight - intelligent, adulte, indépendant - qui le blâmerait? Twilight a beau avoir fait 3,3 milliards de dollars dans le monde, et avoir fait gagné 20 millions de dollars à Pattinson rien que pour le dernier film, mais une grande partie de cet argent vient des tirelires de jeunes filles, dans la catégorie des fans des One Direction, pas un public connu pour ses goûts cinématographiques. La saga a été sérieusement critiquée, allégrement, et ni Pattinson ni Stewart n'ont été épargnés. Elle a fait mauvaise figure en comparaison avec d'autres grandes franchises de cette période comme Harry Potter ou Hunger Games. Même Pattinson a exprimé quelques réserves, alors que la saga était en tournage. Il a dit à Vanity Fair: "C'est bizarre ... d'être le représentant d'un truc que vous n'aimez pas particulièrement."

Mais les films d'auteur sont exactement qui il est. Il n'essaie pas tout à fait de se débarrasser de l'odeur qui le suit, il est juste en train de se révéler. Pattinson a toujours été un gars indépendant, un amateur de classiques, un fan de Godard, un vrai cinéphile. Il parait qu'il arrivait sur le plateau de Twilight en lisant du Molière. Corbet le décrit comme ayant "une exceptionnelle culture sur le cinéma". Même entre chaque film Twilight, il allait tourner des drames ambitieux comme Bel Ami et Cosmopolis, les deux en 2012. En mai, David Cronenberg a confié: "Il pourrait sauter dans la facilité et continuer à faire des films de studio à gros budget, mais ce n'est pas son désir d'être une grande star à Hollywood. "

"J'ai seulement pris les rôles qui m'intérressaient" déclare Pattinson. "Il y a en juste deux pour lesquels j'ai auditionné et que je n'ai pas eu, mais sinon à part ça..."

Plus de franchises?

"Il y a eu quelques offres, Mais avec ce genre de choses, si tu manifestes le moindre intérêt, Tu dois faire un test écran, et ils te font signer un accord avant même que tu saches de quoi il s'agit. C'est fou. Et je n'ai pas grandis en lisant de bd comics et tout...alors..."


Ce qu'il fait est risqué. Il a un long chemin a parcourir et il peut échouer à chaque tournant. Ce n'est pas évident de bosser avec les meilleurs réalisateurs, sur des rôles de plus en plus ambitieux. Surtout quand les critiques ont déjà été sanglantes : depuis le début de sa carrière, ils l'ont qualifié d'acteur minimaliste qui ne manifeste aucun signe d'émotions ou de passion. Pour 'Bel Ami', c'est une critique assez juste, mais pas pour 'Twilight'-son personnage Edward Cullen est un vampire qui n'est pas expressif par nature.

C'est la raison pour laquelle 'Twilight' a été, dit il, "un des rôles les plus durs qu'il ai eu à interpréter". Mais foncièrement, les critiques, il s'en fout. Il trouve que ces dernières sont extrêmement dures avec le cinéma indépendant. "Vous êtes jugé beaucoup plus sévèrement si vous vous éloignez des normes du divertissement de masse." Et de toutes façons, il ne fait pas ça pour les critiques... pas même pour le public.

"Si je m'auto-analyse, je pense que je le fais avant tout pour moi même" dit il " j'aime voir ce dont je suis capable, et je ne me soucie pas vraiment de ce que pensent les gens. Et ce même si je lis toutes les reviews. Si ça avait vraiment de l'importance, ça m'aurait détruit depuis bien longtemps."

Alors il va continuer à "s'instruire", c'est la manière sont il décrit la voie qu'il a choisi. "Je ne suis jamais allé dans une école d'acteurs, c'est comme ça que j'essaie de m'améliorer". Et vraisemblablement, c'est aussi un coup de pouce pour les cinéastes, d'avoir une star comme lui rattachée à leur projet - un coup de pouce financier, pour attirer du public, pour générer de la publicité- tout ce dont les films indépendants ont besoin.

"Mmmmmm" Pattinson semble sceptique. "Je ne sais pas, tous ces films pourraient se faire sans moi. Ca n'est même pas comme si je faisais beaucoup de promo à leur sujet." Bien sur, sa propre histoire, la célébrité et les paparazzis, pourrait mettre à mal chaque projet qu'il essaierait de mettre en avant. "Je dis à toutes les sociétés de production pour lesquelles je bosse, que je vais probablement ruiner (baiser) leur campagne marketing."

C'est comme cette idée que le public fan de 'Twilight' le suivra sur chaque projet, Pattinson n'y croit pas une seconde. "Ils ne suivront pas, je le dis depuis le début, aussi j'essaie de faire des choses qui vont embrouiller le public. Quand vous regardez un film de Joaquim Phoenix, sa performance ne vous fait pas vous rappeler tel ou tel de ses rôles. C'est cette facette du métier d'acteur qui à tendance à se perdre."


Une pensée sympa cependant, – la démographie Twilight se plongeant dans les visions tordues de David Cronenberg. Il rayonne. “On verra. Je pense que Maps to the Stars est sans doute plus accessible que The Rover…”

   ***

   'Maps…' est la deuxième collaboration de Pattinson avec le réalisateur Canadien, la première fut Cosmopolis il y a deux ans. Et comme bien des films de Cronenberg, c'est dérangeant, cauchemardesque même Pattinson insiste sur le fait qu'il est “le mec le plus doux au monde comme un conférencier d'université vraiment sympa ”. Mais Maps n'est ni doux ni tendre. Si les Twihards viennent, ils feraient mieux de se préparer.

   Hollywood a longtemps été sujet de satire de la part des réalisateurs mais 'Map's va plus loin que ce qu'on a pu voir auparavant – il y a de l'inceste, de la pyromanie et du meurtre, la mort à la fois d'enfants et d'animaux. Les personnages sont si grotesques qu'ils sont souvent durs à regarder , et pourtant étant donné que c'est Cronenberg, ils sont aussi assez marrants; c'est cette expérience qui donne la nausée mais on s'amuse et on est profondément perturbé à la fois .

   Le rôle de Pattinson est minime mais mémorable. C'est une chauffeur de limousine et le seul personnage sain d'esprit à l'écran, si ce n'est qu'il est opportuniste et amoral. Il débute une relation avec une assistante personnelle (Mia Wasikowska), et ensuite sous les yeux de cette dernière, il fait l'amour avec sa patronne, Julianne Moore. Ils le font à l'arrière de la limousine. C'est une scène dont il se souvient bien “C'était la première fois que je rencontrais Julianne,” dit il. “Et c'est la première scène que j'ai faite. C'était la partie de la scène , aussi , la partie où il y a du sexe..”

   Ce n'était pas une manipulation du réalisateur pour susciter une certaine performance – c'était simplement du pragmatisme, un timing efficace. Mais pour Pattinson ça présentait des challenges uniques. Non seulement il a dû se plonger dans du sexe avec une parfaite inconnue – et ce n'était pas vraiment du sexe, mais plutôt du style en levrette et aucun des deux parties n'a vraiment pris son pied – mais il a eu un de ses crises d'angoisse pendant cet épisode. Appelez ça le stress de la performance , mais pas de ce genre.

   “J'ai remarqué que je suais” dit il. “Mais vraiment à grosses gouttes” . Il y a déjà une thématique ici, tout comme l'histoire de la salive, Pattinson est un homme qui vit des aventures pleines de sueur. Quand les choses se corsent, ses glandes sudoripares se déclenchent. Dans ce cas, on ne parle pas d'un film de sueur sur le front mais de grosses goutelettes, comme s'il avait la malaria, ou qu'il est footballeur à Manaus. “Je me souviens avoir tenté de retenir les gouttes et elles tombaient sur son dos . C'était étrange. Des gouttes énormes éclaboussant son dos. A un moment donné, elle s'est retournée et a dit, ‘Tu vas bien?’” (Il n'y a peut être pas de lien mais Pattinson s'est mis à la méditation sur le plateau de 'Maps'.)

   Moore a remporté le prix de la meilleure actrice à Cannes cette année pour sa performance dans la peau de Havana Segrand, une star en déclin qui est tellement meurtrie qu'elle danse carrément de joie quand elle apprend que le fils de sa rivale, une actrice, s'est noyé . Dans une autre scène, elle invite son assistante, ou sa “boniche”, à la regarder alors qu'elle tente de chier. “J'ai sans conteste déjà rencontré des personnes comme le personnage de Julianne,” dit il. “Je ne pense pas qu'elle soit une mauvaise personnage. Je la vois comme quelqu'un de désespéré et de triste. Mais peut être que mon repère moral ne pointe pas vers le bon endroit!”

   Quel est le pire comportement que vous ayez vu

   “Il y a tant de...… c'est incroyable la vitesse à laquelle les gens changent dans ce business. Il y avait ce mec qui n'avait jamais été sur un plateau de tournage avant. Et seulement 3 jours après, il tenait sa bouteille d'eau et il attendait que quelqu'un ne la lui prenne. Trois jours. Certains ont ça en eux.”

   Et les gens se contentent d'accepter ça?

   “Et bien oui, mais ce n'est pas comme si vous vous en sortez avec ça. Cette actrice faisait une scène dans cette baignoire et elle ne cessait de se plaindre de la température, que c'était trop chaud ou trop froid. Donc quelqu'un a pissé dedans et a mis un peu de mousse dedans pour qu'on ne puisse pas sentir l'urine. Ce genre de truc arrive. Voilà pourquoi j'évite de demander quoique ce soit. Je ne veux pas qu'on me pisse dessus.”

   ***

   Aucune chance de dîner chez Robert (on a demandé). Ce n'est simplement pas son style. “Les gens invitent les journalistes continuellement car ça fait partie du ‘show’,” dit il. “Mais ma maison ne reflète pas ma personnalité . Il n'y a pas de meubles! Elle a l'air un peu psychotique.” Il loue une maison sur Mulholland Drive, qu'il décrit comme “bizarre et un peu comme une cahutte”. Il y vit depuis un an. “Mais de toute façon je passe mon temps dans une seule pièce”

   Cependant, avant ça, il possédait une maison dans Griffith Park, un sublime voisinage bordé de canyons, de randonnées et toutes sortes de trucs branchés au centre de LA. Ce n'est pas que Pattinson n'appréciait pas la majorité de ces choses: il a fait de la randonnée dans un canyon deux fois, et comme toujours, il a évité tous les bars cools. “Je ne peux pas allé dans les endroits branchés” il hausse les épaules. “Je dois trouver des petits restaurants bizarres en marge de tout. Mais ils sont tellement plus sympa. J'adore les bars vides. N'importe quel bar vide en fait.”

   Il adorait sa maison. Dès qu'il l'a vu , il est tombé sous son charme. “Le jardin était tellement immense qu'il y avait des gens qui y travaillait tous les jours et vous l'oubliez ,” dit il “donc vous êtes à poil dans la piscine et il y a ce mec qui s'occupe de la mare qui vous dit 'Salut'"”

   Il y serai encore si la maison n'était pas si connue des paparazzi – en fait , s'il n'était pas Robert Pattinson. Les photographes étaient partout. “Ils prenaient en photo tous ceux qui venaient à la grille, tous ceux qui sonnaient à la porte, et ils suivaient toutes les voitures qui entraient et sortaient,” dit il. “Autrefois je déguisais mon assistant de manière à me ressembler, et je le faisais conduire avec 5 voitures qui le suivaient pendant des heures.”

   Il l'a donc vendue pour $6.37 million au début de l'année, et pendant un moment, il aurait pu aller n'importe où. Il a envisagé Toronto mais “les hivers sont ridiculement froids”. New York fut une éventualité, mais “tout le monde klaxonne en même temps, ce qui me rend complétement fou!” Et Londres , il ne le sentait plus , pas après 7 ans à LA.

   “Tous mes amis ont des enfants, et c'est une vie complétement différente,” dit il. “Et j'aime les gens qui veulent vraiment faire des choses . En Angleterre , c'est tellement difficile que la plupart des gens abandonnent.”

   Donc LA a raflé la mise. “Rien que de se réveiller et que le soleil brille tous les jours est tellement important pour moi,” dit il. “J'aime la légèreté ici.” Mais cette fois, il fallait que ce soit une communauté accessible via une grille, et il n'y en a pas tant que ça à LA, ce qui est étrange. “Toutes ces maisons valent $25 million, ce sont des énormes chateaux,” dit il. L'argent n'est pas le souci, c'est la taille. Sa dernière maison , dit il, ressembler à Versailles, mais il mène un style de vie assez ascète à présent, plongé dans ses centres d'intérêts. Sa seule extravagance est sa collection de 17 guitares.

 Il a donc loué l'endroit où il vit actuellement. Et les grilles lui fournissent un grand confort D'ailleurs, son voisin le plus proche est Suge Knight, l'ancien PDG de Death Row Records. Le même Knight qui baignait dans le gang Bloods de Compton, qui battait lui même ses ennemis et qui a passé du temps en prison. “Il est vraiment sympa!” dit Robert. “Je l'ai vu jouer au catch avec ses enfants etc.. Et il vit dans ce petit cottage sympa . Il a vraiment du goût!”

   ***

   Il est aisé d'oublier que Pattinson n'est pas arrivé dans cette célébrité extrême par palier. - on l'y a plongé dedans. Imaginez ce que c'est.

   Vus avez 15 ans et vous êtes originaire du Sud Ouest de Londres, vous jouez dans des compagnies de théâtres locales car c'est là que se trouvent les jolies filles. Votre mère a une agence de mannequin, votre père vend des voitures de collections, et vous voulez être chanteur, au fond de vous, et vous le faites donc dans un groupe nommé Bad Girls. Même après avoir eu un rôle dans Harry Potter et la coupe de feu (2005), vous n'êtes toujours pas convaincu par la comédie. L'écriture de discours politiques est peut être plus votre truc? Mais votre agent vous persuade d'aller à LA pour passer le casting d'une comédie romantique, Post Grad (2009), donc vous y allez et vous restez chez elle, vous passez l'audition, et quand vous n'avez pas le rôle, vous êtes anéanti . Vous avez 21 ans et vous avez le sentiment que vous carrière est déjà finie.

   Quand votre agent mentionne une autre audition, vous dites OK, peu importe, personne d'autre ne vous embauche. C'est un film de vampire et la réalisatrice a déjà vu 5,000 garçons. Autre chose : vous êtes trop vieux. Mais qui sait, peut être que ce sera comme l'autre film de cette réalisatrice , Thirteen, qui était un film indépendant assez cool

   Et c'était ça– votre toute dernière chance, la fièvre Bieber après . Vous êtes resté plus ou moins le même, mais le monde autour de vous a changé pour toujours.

   “Je me souviens quand c'est arrivé,” dit il. “J'allais dans des clubs de LA et vous deviez téléphoner au promoteur avant pour être sur la liste des invités. Mais une fois , j'ai oublié de téléphoner, mais j'étais de toute façon sur la liste. C'est là que j'ai su. Je me suis pointé avec de la moutarde sur mon T-shirt et ils m'ont fait un clin d'oeil, ‘Ouais mec, t'es sur la liste’”

   Et à partir de là la folie a démarré – les cris constants, l'harcélement par la presse, la perte dramatique d'intimité . Sortir avec Kristen Stewart n'a pas aidé non plus. Le public deTwilight avait déjà des soucis pour distinguer le rêve de la réalité et voilà un roman à l'eau de rose pour semer encore plus la confusion . Vous savez ce qui est le plus juteux, le fait que Stewart ait eu une histoire (avec le réalisateur Rupert Sanders en juillet 2012), comment les tabloids ont pété un plomb. Sur le film Conan, Will Ferrell a pété un câble et a exprimé le sentiment de millions de Twihards: “C'est une traînée!”

   Comme tout ce qui touche à Twilight, toute la saga K-Stew / R-Patz a été horriblement surexposée. Ce n'est pas inhabituel pour des collègues de sortie ensemble–ils vivaient et travaillaient dans une étrange bulle deouis tant d'année, tous les deux subissant la pression et le voyeurisme obscène . Et ça s'est fini en trahison

   “Ca arrive des trucs merdiques vous savez?” dit il en riant. “C'est juste des jeunes gens… c'est normal! Et à vrai dire qui en a foutre de ça?”

   En fait des tonnes de gens , c'est ce qui est étrange

   “Le plus dur a été d'en parler après. Car quand vous parlez d'autres personnes, ça les affecte de manière imprévisible,” dit il. “C'est comme cette scène dans Doubt [2008, dans laquelle Philip Seymour Hoffman incarne un prêtre suspecté d'avoir un comportement inapproprié], où il parle de la façon de rejeter les ragots ? Ils lancent toutes ces plumes d'un oreiller dans le ciel et vous devez aller recueilir toutes ces plumes.”

   ***

   Certains ont plaint Pattinson pour la façon dont la célébrité a déformé sa vie. On suppose que la célébrité blessé les gens, surtout les jeunes, donc Pattinson a dû sans doute être blessé.

   Mais ce n'est pas le cas. Pas vraiment. Il voit toujours son expérience comme quelque chose de surréaliste et qui ne le concerne pas. Il y a une dureté chez lui, ce n'est pas tout de suite visible, sans compter ses épisodes nerveux. Il a émergé de la zone Twilight, observateur amusé de sa propre expérience, tout en ayant recours au rejet de l'adoration et de son contraire. Même si ce n'était pas toujours facile, ce n'était pas difficile non plus. “Il y a eu une époque, il y a 3 ans,où je ne savais pas où vivre , où je ne serais pas emprisonné dans ma maison, vous voyez? Mais j'ai travaillé ça. Ce n'est pas un si gros problème au final. La moitié ce n'est que dans votre tête.”

   Il a une détermination à se remonter les manches , typiquement anglaise . Il n'est pas parti en cure ou n'a pas demandé l'aide d'un thérapeute. Sa détermination ne vacille pas. “Je sais ce qui me rend heureux, si je ne me sens pas bien,” dit il en souriant. “Faire des choses qui rendent jaloux vos amis Ca marche vraiment!” il rit. “Je n'ai qu'à dire, ‘Je travaille avec David Cronenberg,’ et ils me disent, ‘Oh c'est vrai?’ J'adore ça.”

   Ses amis pourraient être jaloux de l'attention qu'il suscite pour The Rover en ce moment. C'est sans conteste sa meilleure performance, et ça répond aux critiques qui le disaient inexpressif . Il est peut être minimaliste dans la vraie vie – vivant dans une seule pièce de sa maison sans meubles , meditant et passant son temps seul – mais en tant qu'acteur , il s'ouvre.

   Pattinson incarne un homme que son frère a laissé pour mort dans une Australie post apocalypse. Le frère vole la voiture de Guy Pearce , et Pattinson et Pearce font équipe pour le retrouver – Pearce retrouve sa voiture, Pattinson découvre pourquoi il a été abandonné. Son personnage est clairement handicapé. Dans le film, Pearce lui demande, “Qu'est ce que tu es, un simple d'esprit?” Pattinson est rempli de tics et bute dans ses discours, un regard faible et confus. Il est peut être complétement attardé mais il suit son chemin, pas vrai?

   “Ce n'est pas comme ça que je l'ai vu,” dit il. J'ai vu son personnage comme quelqu'un qui a été sévèrement maltraité , comme une femme battue qui ne cesse de revenir vers celui qui la maltraite “Il n'a aucune estime de lui même, on l'a tellement critiqué, que dès qu'il parle, il a peur que quelqu'un ne lui dise de la fermer.”

   Le lieu de tournage était épique: neuf heures de route au Nord d'Adelaide, au milieu de nulle part, à plus de 220 km de prochaine ville. Les deuc acteurs ont vécu dans un vieux conteneurs à bateaux auquel on avait mis des fenêtres et qui était infesté de mouches, dans un village d'à peine 50 habitants. Les températures avoisinaient les 49ºC. Et les kangourous n'avaient pas l'habitude de voir de véhicules et ils sautaient donc devant eux. “La moitié de l'équipe avait du sang partout sur leur voiture,” dit il “C'est dangereux. S'ils sautent sur votre pare-brise, ils flippent et vous battent à mort dans votre voiture.”

   Il a adoré être là bas a dit David Michôd à The LA Times, “Je ne pense pas avoir déjà vu un acteur si heureux que Rob qui se baladait dans la rue pour me rejoindre. Il sautillait presque” Personne ne le connaissait là bas. . Il pouvait aller là où il voulait. L'outback lui a complétement convenu, et cette isolation lui manque encore. “J'ai oublié quelle était la langue aborigène, mais il n'y a pas de mots pour ‘hier’ ou ‘demain’. Et il y avait ce mec, qui était assis, couvert de mouches, toute la journée, attendant d'être appelé sur le plateau. Aucun commentaire, rien. Vous avez ce côté Zen là bas. De toute façon, il n'y a rien d'autre à faire. Ce n'est pas comme si vous deviez traverser la ville pour aller à un rendez vous!”

   On s'est assis un moment pour écouter les oiseaux. Ce fut un bon repas. Il a écaillé les poissons et s'est servi des bières – trois bières chacun, ce qui n'est pas mal, surtout dans cette ville. Nous ne sommes pas dans l'outback, mais c'est clame ici. Et il aime un peu de silence. Pattinson le minimaliste. Je lui ai demandé s'il avait eu des crises d'angoisse sur The Rover,sa performance la plus ouverte et la plus vulnérable . Evidemment il y a eu de la sueur, il faisait 49ºC. Il réfléchit une minute. “Non”

   Et son téléphone sonne. “Désolé ça doit être mon…” Et on entend à voix haute, “OK, mon vieux, il est temps d'y aller.” Et il rit. “Je dois aller en ville pour un rendez vous.”
   The Rover sortira le 15 août. Maps to the Stars sortira à l'automne

Traduction Sabine et Ptiteaurel@therpattzrobertpattinson.blogspot.fr
Traduction Virgine et Delphine@pattinson-art-work.com

3 commentaires:

ousna a dit…

Toujours un plaisir de lire ses interviews...
Merci pour la traduction :)

rpattzclub a dit…

Ouii surtout que celle ci est vraiment intéressante et fraîche. ca fait du bien d'avoir un peu de renouveau dans ses interviews. Espérons que la promo UK de The Rover nous apporte aussi de la nouveauté dans les thèmes abordés ;)

Anonyme a dit…

Merci pour la traduction super interview ca change