Robert Pattinson and Zendaya by Nadia Lee Cohen for Interview, March 2026. pic.twitter.com/mqOHCfRgs7
— Interview Magazine (@InterviewMag) February 17, 2026
Avec le rédacteur en chef du magazine :
Traduction de l'interview :
Robert Pattinson et Zendaya entrent dans l'inconnu
Bienvenue pour la première interview de Robert Pattinson et Zendaya à propos de « The Drama », la romance complexe de Kristoffer Borgli qui réunit les deux superstars dans une histoire d'amour en pleine tourmente. Ils ont ensuite tourné deux autres films ensemble, « The Odyssey » de Christopher Nolan et « Dune : Partie 3 » de Denis Villeneuve, créant ainsi le genre de collaboration qui transforme des collègues en véritables amis. Lors de cet échange, Rob était en vacances et surexcité par la caféine. Zendaya faisait une pause dans son travail de nettoyage de joints. Aucun des deux n'était en mode promotion ; il s'agissait simplement de deux acteurs confrontés à l'absurdité de vendre quelque chose qu'ils ne savent pas encore expliquer.
LUNDI 29 DÉCEMBRE 2025, 16H00, LONDRES ET LES CARAÏBES
ROBERT PATTINSON : Comment ça va ?
ZENDAYA : Ça va bien. Et toi ?
PATTINSON : Ça va.
ZENDAYA : On s'interviewe mutuellement ?
PATTINSON : Je suppose.
ZENDAYA : Je ne savais pas.
PATTINSON : Tu pensais que je serai le seul à t'interviewer ? [Rires]
ZENDAYA : Non, non, non ! Je pensais que quelqu'un allait nous poser des questions.
PATTINSON : C'est pour ça que ça s'appelle Interview, ma chère.
ZENDAYA : Évidemment !
PATTINSON : Bon, je viens de prendre une tonne de caféine, alors je suis prêt à improviser.
ZENDAYA : Prêt à improviser ? Moi, je suis en plein ménage. Le Nouvel An approche à grands pas et je suis en train de tout mettre en ordre, alors je suis en train de faire un grand ménage dans ma salle de bain.
PATTINSON : Tu fais un grand ménage dans ta salle de bain ?
ZENDAYA : Ouais, des trucs super excitants ! Je nettoie les joints. [Rires] Tu es où ?
PATTINSON : Je suis en vacances.
ZENDAYA : Tant mieux pour toi. Tu le mérites. Si j'ai beaucoup travaillé, tu as aussi beaucoup travaillé.
PATTINSON : C'est embêtant que tu sois la seule personne au monde devant qui je ne peux pas me vanter en ce moment, et tu n'en as même pas fait toute une histoire.
ZENDAYA : [Rires] Je l'ai plutôt bien pris.
PATTINSON : Mais tu ne travailles pas pendant un moment là, n'est-ce pas ?
ZENDAYA : J'ai une pause jusqu'à ce qu'on reprenne la promo de The Drama, alors je vais me détendre.
PATTINSON : Cool.
ZENDAYA : Quoi d'autre ? Je regarde une liste de questions. « Quelles idées préconçues aviez-vous l'un sur l'autre ? »
PATTINSON : Tu as été directement sur cette question ?
ZENDAYA : Je trouve ça intéressant, parce que tu savais probablement ce que je pensais de toi avant de te rencontrer, mais je ne crois pas t'avoir demandé ce que tu pensais de moi.
PATTINSON : Parce que Tom [Holland] te l'avait déjà dit.
ZENDAYA : Franchement, je t'ai rencontré grâce à des amis communs, et tu étais toujours plutôt calme et décontracté, ce qui est un peu différent de ma propre expérience avec toi. Tu ne parlais pas beaucoup, et je me suis dit : « Oh, mystérieux ! » Puis j'en ai parlé à Tom, et il m'a dit : « Non, il est super sympa, il rit et plaisante tout le temps », et j'ai répondu : « Vraiment ? Je n'ai jamais vu ce côté de lui. »
PATTINSON : C'est tellement déprimant. J'aimerais pouvoir garder ce côté mystérieux. J'ai constaté à maintes reprises que si on ne dit rien, les gens se disent : « Waouh ! Tu es vraiment intimidant ! » Mais je n'arrive pas à maintenir ce silence.
ZENDAYA : Tu l'as maintenu pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'on tourne quelques films ensemble.
PATTINSON : Attends, j'ai l'impression de ne t'avoir rencontré qu'une seule fois en restant silencieux.
ZENDAYA : Je t'ai croisé deux ou trois fois, par hasard.
PATTINSON : Je t'ai rencontré lors d'une projection d'Euphoria que j'ai ratée, alors j'étais gêné.
ZENDAYA : C'est pour ça que tu étais silencieux ?
PATTINSON : Je suis resté très silencieux après. Tout le monde parlait de l'épisode et pourtant je donnais mon avis sans l'avoir vu.
ZENDAYA : [Rires] Tu n'as toujours pas répondu à la question.
PATTINSON : Mon impression de toi ? Tu sais quoi ? Je ne sais pas si c'est un peu offensant ou pas.
ZENDAYA : Oh non. Attends. [Rires]
PATTINSON : Tu sais, on me demande souvent : « Est-ce que tu te sens responsable d'être un exemple pour tes fans ? » Je pense que tu es un bon exemple pour les jeunes.
ZENDAYA : Merci, Rob. Je fais de mon mieux.
PATTINSON : Tu as toujours paru très gentille et tu l'es.
ZENDAYA : Tant mieux. On dirait que tu te dis : « Tu es gentille, mais en fait tu es méchante et il est difficile de travailler avec toi. » Je suppose qu'on a tous des idées préconçues, mais j'essaie de ne pas en avoir avec les gens de notre milieu, parce que je ne voudrais pas qu'on regarde mes films et qu'on se dise : « Elle doit être comme ci ou comme ça.»
PATTINSON : Ouais. Avant, les gens disaient : « Oh mon Dieu, il est tellement intense ! » Mais on n'a plus vraiment le droit de dire ça dans un contexte professionnel. Du coup, la seule chose qu'on découvre sur les gens, c'est : « Ils ont l'air sympas, mais en fait, ce sont juste des connards.»
ZENDAYA : [Rires] Ça s'arrête là.
PATTINSON : C'est le seul secret que tu découvriras jamais. Je ne retrouve plus ce foutu mail avec les questions. Je le regardais justement hier en me disant : « Je veux poser des questions sur les comportements toxiques.»
ZENDAYA : Celle-ci dit : « Quel est le comportement toxique chez un partenaire que vous trouvez charmant ? »
PATTINSON : C'est intéressant.
ZENDAYA : Avec l'âge, je pense qu'un comportement toxique et un comportement toxique, tu vois ce que je veux dire ?
PATTINSON : Qu'est-ce qui est un comportement toxique pour toi ?
ZENDAYA : Au travail, c'est la façon dont les gens traitent leurs équipes. J'admire les gens qui sont gentils avec tout le monde, pas seulement avec les acteurs, les réalisateurs ou les producteurs. C'est très révélateur de voir ce que l'équipe pense d'un acteur en particulier, car ça permet de voir comment les gens sont quand les caméras ne tournent pas.
PATTINSON : Intéressant. Donc tu te fies entièrement à l'avis des autres. [Rires]
ZENDAYA : Tais-toi ! Tu sais ce que je veux dire.
PATTINSON : Si quelqu'un regardait ton chien bizarrement, est-ce que ce serait un comportement toxique ?
ZENDAYA : Je me battrais pour mon chien, c'est sûr.
PATTINSON : Si tu vois quelqu'un regarder ton chien d'un air étrange, alors que le chien l'adorait, est-ce un signe d'alerte ?
ZENDAYA : C'est possible. Je ne sais pas. Les chiens ont un bon instinct. [Le chien de Zendaya aboie] Excuse-moi. Tom vient de rentrer et notre chien est tout excité. Et toi ?
PATTINSON : En matière de comportements toxiques, penses tu qu'on puisse connaître quelqu'un instinctivement, ou du moins se faire une idée assez précise de sa personnalité, quelques secondes après l'avoir rencontré ?
ZENDAYA : Oui et non. Les gens sont complexes et nuancés, et ils font des erreurs. Il y a des différences culturelles. Mais il y a aussi des choses où l'on se dit simplement : « C'est impoli. C'est méchant. » Et il y a aussi l'inverse. On peut connaître quelqu'un depuis longtemps et il peut changer, ou bien on peut apprendre à le connaître plus profondément et se dire : « Waouh ! Je ne connaissais pas ce côté de toi. »
PATTINSON : Tu trouves ça sexy ?
ZENDAYA : Non. Je n'aime pas les surprises. Soyons francs. Est-ce que tu sais bien jugé les gens ?
PATTINSON : En général, mes relations sont plutôt intéressées. [Rires] Je ne parle à quelqu'un que si j'ai quelque chose à lui demander.
ZENDAYA : [Rires] J'essaie de me garder en tête que ton humour… Il faut qu'il soit bien retranscrit, parce qu'on ne peut pas entendre à quel point tu ris quand tu parles. La plupart du temps, tu dis les choses en riant.
PATTINSON : Parfois, l'interprétation m'importe peu. Et puis, je ne plaisante jamais complètement. [Rires]
ZENDAYA : Dit-il sur le ton de la plaisanterie.
PATTINSON : Penses tu qu'il soit possible de connaître quelqu'un à 100 % ?
ZENDAYA : Je ne sais pas. J'ai l'impression de répondre à toutes ces fichues questions, Rob !
PATTINSON : C'est vrai… Je me demande juste : « Quelle blague stupide pourrais je bien raconter ? »
ZENDAYA : Et que penses tu de cela ? Préfères-tu les romances avec une fin heureuse ou celles qui se terminent de façon déchirante ?
PATTINSON : J'y ai réfléchi. Mes films romantiques préférés ne sont pas vraiment romantiques. Ils parlent de ruptures, et je ne m'en étais jamais rendu compte. As-tu déjà vu « Two Lovers » ?
ZENDAYA : Je ne crois pas.
PATTINSON : Un film magnifique, mais tellement triste. Je pensais aussi au film de Luc Besson, « Le Grand Bleu », et ils ne finissent pas ensemble. Dans tous les films que je trouvais très romantiques, le couple ne finit pas ensemble.
ZENDAYA : C'est vrai. Même « Titanic ».
PATTINSON : Quels sont tes films romantiques préférés ?
ZENDAYA : Comme tu l'as dit, ils sont souvent bouleversants, et c'est la vie. Beaucoup de ces films parlent de perte, et avec l'âge, j'ai compris que la vie est faite de pertes : perdre des êtres chers, faire son deuil, surmonter cette épreuve. D'une certaine manière, amour et perte sont intimement liés. Mais comme c'est les fêtes, je regarde beaucoup de comédies romantiques. Parfois, j'ai besoin qu'ils finissent ensemble. Mais il n'y a pas de fin. Qui sait si, dans dix ans, ils seront malheureux et divorcés ? J'imagine que c'est toujours le même film, on reprend juste à un moment différent de leur vie.
PATTINSON : Et puis, quand on commence une relation, on se projette forcément sur l'autre, on se construit une image de cette personne. Oh là là, j'essaie justement de réfléchir à ma propre façon de penser et je commence à…
ZENDAYA : Tu essaies de réfléchir à ta propre façon de penser ? Tu es si éloquent ! [Rires]
PATTINSON : J'écoutais un podcast hier avec un réalisateur, et quand j'entends quelqu'un d'éloquent, ça me met vraiment en colère. J'ai trouvé ça inspirant de penser que l'éloquence est une forme de discrimination sociale. Je me suis dit qu'il y a quelque chose d'honnête à ne pas pouvoir s'exprimer. C'est prolétarien de ne rien pouvoir dire. Question suivante. Penses-tu qu'être une personnalité publique rende plus difficile le fait de se fondre dans un personnage ?
ZENDAYA : Oui et non. Ce que j'admire chez toi, c'est que tu préserves une grande partie de ta vie privée, ce qui est magnifique, surtout avec une famille. J'apprends à trouver un équilibre. Au final, on est une personnalité publique, on n'y peut rien, mais certaines choses sont faites pour soi et ses proches, et puis il faut aussi préserver cet espace entre l'anonymat et la réalité, pour pouvoir incarner un autre personnage sans qu'on soit systématiquement associé à … Enfin, on vient justement de parler d'éloquence. Me voilà à bafouiller, à essayer d'expliquer ce que je veux dire. Mais je tiens à préserver mon intimité, pas seulement pour mes personnages, mais aussi pour moi dans la vraie vie. J'essaie d'être authentique en public, tout en gardant certaines choses pour moi. Je ne sais pas ce que tu en penses. Tu as une capacité de transformation extraordinaire. Je t'ai vue à l'œuvre, aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur. Quel est ton rapport à cela ?
PATTINSON : Pendant le tournage de Twilight, il y a eu un tel rejet culturel, presque en même temps que son succès, que j'ai dû gérer les deux. J'ai adoré faire ces films, mais il y avait aussi une énorme campagne marketing. Je ne voulais pas que mon identité personnelle soit mêlée à tout ça, alors j'ai essayé d'affirmer un peu mon individualité, et c'est ce qui m'est resté. C'était aussi intéressant de devenir célèbre grâce à un rôle ; au début, les gens pensaient que j'étais ce personnage.
ZENDAYA : C'est bizarre, j'imagine.
PATTINSON : C'était assez étrange, mais ça m'a aussi permis de me rebeller. Et puis, je n'étais pas attaché à cette identité, parce que ce n'était pas la mienne au départ. C'est intéressant d'utiliser la perception du public pour construire son personnage, parce qu'on se dit : « J'imagine qu'au moins une partie du public s'y attend », et on peut rendre le tout plus dramatique. Mais en même temps, on ne sait jamais vraiment ce que les gens pensent. Beaucoup de gens tiennent beaucoup à leur image, à leur identité, et je n'ai jamais vraiment ressenti ça. Une partie de moi est sûre de qui elle est, mais je ne trouverai pas bizarre de me réveiller un jour et d'être quelqu'un d'autre. [Rires] Je crois que c'est une forme d'insécurité positive. Mon Dieu, rien que d'imaginer ce que ça va donner, à lire je me dis : « Tu as l'air tellement… »
ZENDAYA : [Rires] La perception du public ! Quel stress !
PATTINSON : Une fois, je suis allé en thérapie et le thérapeute m'a demandé si je prenais de la drogue parce qu'il ne comprenait pas ce que je disais. J'ai répondu : « Je fais de mon mieux. » [Rires]
ZENDAYA : Eh bien, je trouvais que c'était une réponse très instructive.
PATTINSON : Je pensais aller quelque part. Je suis monté sur le bateau et je me suis dit…
ZENDAYA : « Je ne sais pas où je suis ! À toi la parole, Zendaya ! »
PATTINSON : J'ai envie de descendre ! [Rires]
ZENDAYA : Trop d'introspection !
PATTINSON : D'accord. Si tu pouvais sortir « The Drama » sans aucune promotion et le laisser se exister par lui-même, à ton avis, que se passerait-il ?
ZENDAYA : Je ne sais pas. J'espère que les gens iront le voir, mais au final, la promotion, c'est parce qu'on adore aller au cinéma et qu'on veut préserver cette passion. Mais si les gens pouvaient simplement aller voir un film sans avoir à en faire la promotion, ce serait formidable. Malheureusement, je ne crois pas que ce soit le cas.
PATTINSON : Quand j'entends les acteurs parler de leurs projets, j'ai l'impression qu'ils sont tous des génies. J'ai du mal à exprimer ce que j'essaie de faire. Dans « The Drama », par exemple, il y a cette scène importante où je te fais un discours… le nombre de fois où j'ai eu l'impression d'être complètement fou… Je ressens quelque chose si profondément et j'essaie de l'expliquer à un réalisateur ou à quelqu'un autour de moi, mais personne ne comprend. On essaie d'interpréter un texte existant, et puis on se dit : « OK, maintenant, vas-y, essayes de… »
ZENDAYA : Le dire aux autres ?
PATTINSON : Je me dis : « J'en sais rien !»
ZENDAYA : Je te comprends. Je me souviens que tu as beaucoup sombré dans la confusion à propos de cette scène, mais ce que vous en avez fait avec Kris, était vraiment magnifique. Mais je crois que je suis d'accord avec toi. Je ne suis pas toujours très douée pour m'exprimer non plus. Mais je n'aborde pas un projet en pensant à la façon dont je vais l'expliquer aux gens ; c'est plutôt l'effet que j'ai eu à la lecture qui compte. Il se passe quelque chose de particulier quand on fait de la promotion : il faut réfléchir à sa propre réflexion, mais en même temps, il faut prendre du recul, car le projet ne nous appartient plus.
PATTINSON : Exactement.
ZENDAYA : C'est notre première interview, c'est pour ça que ça va être un peu décousu, parce que c'est la première fois qu'on essaie de parler du film, et la première interview est toujours tellement difficile parce que je ne sais pas trop quoi dire.
PATTINSON : Ils voient cette interview avec les photos de la séance et ils se demandent : de quoi parlent-ils ?
ZENDAYA : Exactement. Le thème, c'était… je ne sais pas trop.
PATTINSON : Quel est le truc le plus hollywoodien chez toi dont tu as honte ?
ZENDAYA : Moi ?
PATTINSON : Ouais. Tu n'es vraiment pas hollywoodienne.
ZENDAYA : Je dirais que le truc typiquement hollywoodien, c'est probablement ma façon de traiter mon chien. Il a droit à des repas de luxe avec des compléments vitaminés. Ça paraît ridicule quand j'en parle, mais j'aime mon enfant. C'est sans doute le truc le plus hollywoodien chez moi, la façon dont mon chien vit. Je suis restée extrêmement discrète, et mes amis les plus proches sont ma famille et des gens que je connais depuis ma naissance. Mais ces dernières années, j'ai réussi à me lier d'amitié avec d'autres acteurs comme toi, dont j'admire le travail et que je trouve vraiment sympas. C'était agréable de pouvoir leur dire : « Vous trouvez aussi cette vie bizarre ? » Et de répondre : « Ah oui. Je ne suis pas la seule à penser ça. » Et parfois, tes plaintes un peu ridicules, celles qui font dire aux gens : « Mais de quoi tu parles ? », prennent tout leur sens pour quelqu'un qui te dit : « Non, je comprends. C'est le post tournage. » C'était cool.
PATTINSON : Pouvoir parler de ton changement.
ZENDAYA : Je suis là, genre : « Eh, je suis épuisée. Encore mon post tournage. »
PATTINSON : C'est ridicule.
ZENDAYA : Tellement Hollywood. Mais tu vois ce que je veux dire ? C'est ce genre de choses qu'il faut expliquer à quelqu'un. Je me sens vraiment bête de parler de mon travail. Oui, je sais à quel point c'est spécial, mais je sais aussi à quel point c'est ridicule. Qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui ? J'ai fait semblant de vomir devant d'autres acteurs qui ont fait semblant d'être dégoûtés par mon faux vomi.
PATTINSON : [Rires] Une journée épuisante.
ZENDAYA : Mais de quoi tu parles ?
PATTINSON : Tu as déjà regardé Entourage ?
ZENDAYA : Oui.
PATTINSON : Ce genre de vie t'attire ?
ZENDAYA : Ça me va. Et toi ? Quel est ton truc le plus hollywoodien ? J'ai l'impression que tu es la personne la plus hollywoodienne qui ne soit pas hollywoodienne.
PATTINSON : Je ne suis jamais vraiment intégré. Je frappe toujours à la porte en mode : « Salut les gars ! Où est la fête ? » Et tout le monde rajeunit. C'est flippant de ne plus reconnaître personne. Je suis complètement à l'écart.
ZENDAYA : [Rires]
PATTINSON : Celle-ci parle de la différence entre travailler avec Christopher Nolan, Denis Villeneuve et Kristoffer Borgli. C'est dingue qu'on ait fait tous ces films ensemble à la suite.
ZENDAYA : C'est bizarre aussi parce qu'avant l'année dernière, on n'avait jamais travaillé ensemble, et puis on en redemandait.
PATTINSON : Qu'en penses-tu ?
ZENDAYA : Je ne sais pas. Je suis reconnaissante d'avoir vécu des expériences incroyables sur les trois films. C'est assez fou de se le représenter.
PATTINSON : Ils gèrent très bien le stress.
ZENDAYA : C'est tout à fait vrai. Je n'ai pas eu l'occasion de passer autant de temps avec Nolan, mais en les observant, Denis et lui, et en voyant le nombre de personnes dont ils sont responsables… Si on me demande ce que je veux manger à midi, je suis incapable de réfléchir. Le nombre de questions auxquelles ils répondent chaque jour est vraiment impressionnant. Ce qui est vraiment génial avec Kris, c'est qu'il est encore au début de sa carrière de réalisateur et qu'il est très collaboratif, tout en ayant une vision très claire de ce qui fonctionne ou non.
PATTINSON : Pendant les répétitions, il disait : « Discutons-en tous ensemble, mais je vous dirai quand vous aurez tort. »
ZENDAYA : J'ai beaucoup apprécié. Il avait des réponses à nos questions, mais tu en as posé tellement aussi ! [Rires]
PATTINSON : J'ai vraiment adoré préparer The Drama avec toi.
ZENDAYA : L'ambiance était super.
PATTINSON : Ça faisait des années que je n'avais pas joué un Anglais, et je crois que j'étais plus agressif envers mes préjugés sur certains types d'Anglais. Pour un personnage qui n'est pas vraiment odieux, j'étais vraiment agressif avec lui.
ZENDAYA : Ouais, tu étais assez intense avec Charlie. Je me suis dit : « Waouh ! »
PATTINSON : [Rires] Dès le début.
ZENDAYA : Tu sais dire non ?
PATTINSON : Je suppose.
ZENDAYA : Dis celui qui n'a pas arrêté de travailler depuis…
PATTINSON : On me dit souvent que je suis très réfractaires aux conflits, mais quand je dis non, ce n'est qu'à moitié vrai. Mon non est un oui déguisé.
ZENDAYA : Je veux éviter les conflits. Je veux que les gens soient contents, alors s'il faut que je fasse quelque chose pour que tout aille bien, je le ferai. Mais en général, je sais assez vite si un projet me plaît ou non quand je lis un scénario. Celui-ci, je me suis dit : « Ouais, j’ai envie de le faire.» Je ne sais pas si c’est pareil pour toi avec les scénarios, mais j’ai vraiment du mal à les lire jusqu’au bout. Je ne sais pas si c’est un problème de concentration.
PATTINSON : Tu penses que le film est différent de ce que tu avais imaginé ?
ZENDAYA : J’en suis vraiment contente. C’est mieux que ce que j’aurais pu imaginer. J’apprécie beaucoup le montage de Kris. Il y a des coupes bizarres qui créent des moments comiques, des situations gênantes et un malaise que je ne me souviens même pas avoir vus dans le scénario original. Et toi ?
PATTINSON : J’ai vraiment hâte de le revoir, ce qui est bizarre pour moi.
ZENDAYA : Tu n'aimes généralement pas regarder tes propres films ?
PATTINSON : Non, je ne suis pas puriste. Je peux facilement passer à autre chose, sauf si je suis vraiment mauvais. C'est tellement excitant, surtout quand on fait de gros films. Pendant le tournage de Dune, je me disais…
ZENDAYA : « C'est très différent de ce qu'on vient de faire. »
PATTINSON : Oui, et je me disais aussi : « Je n'ai aucune idée de comment ça va se passer. » Mais pour celui-ci, j'étais vraiment impliqué. C'est rare d'avoir une période de préproduction comme celle qu'on a eue, où on discute et on débat autant. Ça vous donne vraiment envie de vous investir dans le produit final, et je pense que c'est pour ça que la promotion est plus difficile, parce que je ne sais pas quoi dire pour donner envie aux gens d'aller voir le film. Je pense que tout dépendra de leur réaction à la bande-annonce.
ZENDAYA : C'est sûr. Et moi non plus, je ne saurais pas comment le classer. Comédie dramatique romantique ?
PATTINSON : Je ne sais pas. J’aime bien l’univers dans lequel ils vivent. J’aime beaucoup les appartements. [Rires]
ZENDAYA : Je suis d’accord. J’aime bien les tenues. [Rires]
PATTINSON : J’ai pris toute ma garde-robe.
ZENDAYA : Tu as fait un virage à 360 degrés en détestant Charlie à te dire : « Il est vraiment cool et je m’intéresse à sa vie.»
PATTINSON : Hier soir encore, j’avais tellement envie de porter des fausses lunettes.
ZENDAYA : [Rires] Tu étais vraiment contre, à un moment donné. Voyons voir. « Après avoir travaillé ensemble sur trois films, quelle habitude as-tu prise chez moi ?» Je peux te répondre, car je t’ai beaucoup observé. Tom a raison, tu ris de tout ce que tu dis, du coup c'est très difficile de savoir si tu es sérieux ou pas. Tu commences une phrase, tu la dis très vite, puis tu t'arrêtes et tu dis : « Laisse tomber.» Et puis tu finis toujours par la dire, mais je suis obligé de te demander : « Non, mais qu'est-ce qu'il y a, Rob ? À quoi tu penses ?»
PATTINSON : Ça a l'air horrible. C'est même pas vrai. [Rires]
ZENDAYA : Tu te dis : « C'était stupide, stupide. C'était stupide. » Et puis finalement, tout va bien, une conversation normale, une remarque sur la scène, et je me dis : « Ouais, c'est une bonne idée. » Tu remets les choses en question.
PATTINSON : Je ne faisais pas tellement ça sur Dune.
ZENDAYA : Non, non, non. Tu étais très détendu.
PATTINSON : Ce que j'ai remarqué sur The Drama, c'est que tu viens pendant ton jour de congé, tu regardes le moniteur et tu parles à tous les chefs de département. C'est très impressionnant. Moi, je suis complètement épuisé. J'ai juste quelques petits moments d'énergie. J'ai dû aller m'allonger sur mon canapé.
ZENDAYA : Oui, j'adore ce qu'on fait et c'est un de mes endroits préférés. Tu devrais essayer un jour.
PATTINSON : On tourne tous les films ensemble, alors on va croire que je te copie.
ZENDAYA : Je vais raconter à tout le monde que tu me suis juste au boulot, genre : « Rob, tu ne travailles même pas aujourd'hui. C'est quoi ce délire ? Arrête de faire le malin. »
PATTINSON : On ne travaille pas tous les deux. On se dit juste : « Je regarde juste l'écran par-dessus ton épaule. »
ZENDAYA : Bon, je crois qu'on s'est bien débrouillés pour nos interviews.
PATTINSON : Oh mon Dieu ! Ils ont intérêt à avoir un bon monteur.
ZENDAYA : Ouais, faut absolument que quelqu'un coupe ce truc.
PATTINSON : Cool, mec. On se reparle bientôt.
ZENDAYA : On se voit pour nos sept prochains films !

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