vendredi 9 octobre 2015

Interview de Robert Pattinson avec Filmkrant (Pays-Bas) - Traduction


Traduction :

"Je me sens toujours assez mal à l'aise"

D'abord Cronenberg, Michôd, Herzog, maintenant Corbijn, très bientôt Gray, Korine et Denis : Ils veulent tous Robert Pattinson. Pourquoi ? Qu'est ce qui est attirant chez cette idole des jeunes ?

Par Kees Driessen.

Ça a fait tilt quand j'ai regardé Cosmopolis (2012). La première fois, le film de David Cronenberg m'a déçu. Dans 'Vrij Nederland' [un journal hollandais] j'ai dit qu'il était "pâle - un rôle douloureux pour l'acteur principal Robert Pattinson, qui après son succès mondial dans le rôle d'un vampire dans la saga insignifiante Twilight, aime se consacrer à un matériau plus sérieux, mais qui a un génie d'autiste... Il arrive difficilement à montrer une gamme d'émotion plus vaste [au public].

La seconde fois que j'ai regardé le film, je l'ai vu. Alors, j'ai compris que choisir Pattinson était un choix génial, même brillant. Le vide artificiel de Cosmopolis n'est pas seulement le reflet du système financier virtuel qui est critiqué dans le film, mais aussi de son personnage principal et, en partie, de son acteur principal.

Robert Pattinson (né à Londres en 1986) joue dans Cosmopolis un courtier incroyablement beau ayant connu un immense succès financier bien trop jeune, regardant à travers les fenêtres de sa limousine, d'une manière détachée, comme si c'était des écrans, et qui a peur que son moi intérieur pourrisse (c'est pour cela qu'il a un examen anal quotidien). Vous pouvez presque dire que c'est un stéréotype, comme un vampire connu mondialement.

Mal dans sa peau.



Il y a d'autres grands réalisateurs de cinéma d'art et d'essai. David Michôd a choisi Pattinson dans The Rover (pas vu en 2014), tout comme Cronenberg, à nouveau, dans Maps To The Stars (2014); Herzog, dans le rôle secondaire de T.E Lawrence dans le raté Queen of the desert (2015); et bientôt dans The Lost city of Z de James Gray, dans le film de science-fiction sans titre pour l'instant de Claire Denis et - très excitant - dans the Trap, d'Harmony Korine, aux côtés de James Franco, Idris Elba et Al Pacino.

Et maintenant il est en vedette de Life, d'Anton Corbijn, dans le rôle du photographe débutant Dennis Stock, celui qui a fait les plus célèbres photographies de James Dean. Là où Cronenberg, comme d'habitude, magnifie le personnage de Pattinson métaphoriquement et philosophiquement dans Cosmopolis, le terre à terre Corbijn, utilise [Rob] d'une manière plus réaliste, mais néanmoins similaire : dans le rôle de quelqu'un qui est mal dans sa peau, qui cherche la reconnaissance et se sent distant du monde. "C'est un acteur qui veut se prouver qu'il est acteur, qui joue un photographe qui veut se prouver qu'il est photographe. Par conséquent, le casting semblait être une excellente idée," dit un Corbijn souriant à Berlin.

Timide.

Pattinson est lui aussi très souriant à Berlin. Beaucoup de sourires d'excuses également - comme son personnage. Pattinson semble très sympa, mais est en même temps étonnamment timide pour quelqu'un d'aussi célèbre. Embarrassé par sa célébrité.

En tant qu'acteur, sort-il souvent de sa zone de confort ? "Je n'ai pas de zone de confort, ha ha ! Je me sens toujours assez mal à l'aise." Il semble le penser. "Mais c'est aussi le cas de mon personnage." Et ils [Rob et son personnage Dennis Stock] ont d'autres ressemblances. Comme Stock, Pattinson n'aime pas être photographié. Vraiment pas. Il l'a mentionné 3 fois. Il a l'impression que ça le rend "plus petit", "comme s'ils vous retirent quelque chose."

Pattinson décrit son personnage : "Ce que je trouve fascinant c'est qu'il ne ressent rien, même pas de l'amour, comme s'il était handicapé." Et "Car il est tellement dans la retenue, il se sent séparé du monde, il n'a pas l'expérience d'une personne normale. C'est assez tragique..." Et : "Je trouve cela intéressant qu'il trouve du réconfort dans son art."

Plus tard, en parlant de toute l'attention des médias sur lui : "Parfois vous avez l'impression d'être séparé de tout. C'est assez inquiétant..." Et à propos du métier d’acteur : "Vous donnez beaucoup de vous-même, si vous voulez vraiment comprendre."

Inconfortable.

Est-ce que Stock est un auto-portrait ? L'idée surgit. Est-ce que Pattinson, comme Dennis Stock et James Dean, est une âme torturée, je ne sais pas. Mais ils partagent au moins cela : Pattinson se sent mal à l'aise à proximité d'autres humains et - quelque chose qui n'est pas simple dans le monde du cinéma ou durant une interview en groupe - recherche un vrai lien.

C'est là qu'il y a un mélange dans son rôle de Stock, ceux de Cronenberg et dans une certaine mesure avec T.E Lawrence et Edward dans Twilight.

Quand nous lui demandons, par l'intermédiaire de James Dean, quel est le charisme d'une star de cinéma, Pattinson bredouille durant une minute et ensuite rigole nerveusement en disant : "Je ne sais pas ce que je suis en train de dire, ha ha !"

Je vais faire une tentative : le charisme est l'attraction de quelqu'un ayant un look séduisant et un moi intérieur inaccessible. Et Pattinson là.


Traduction : Sabine@therpattzrobertpattinson.blogspot.com

1 commentaire:

Nathalie douglas a dit…

Je trouve cette analise géniale